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Communiqué de presse du 2 Oct : Plan "Agir pour la jeunesse" : des mesures en trompe l’oeil !


Communiqué de presse du 2 Octobre 2009

Plan "Agir pour la jeunesse" : des mesures en trompe l’oeil !

Les annonces du Président de la République à Avignon concernant les 16-25 ans confirment les craintes du SNES quant à l’absence de politique réellement ambitieuse pour une partie de la jeunesse.

Ainsi reconnaître le « droit à l’erreur » est positif, mais encore faudrait-il que les mesures annoncées le rendent effectif !

La progression du chômage et de la précarité, qui touche très fortement les jeunes, ne sera en aucun cas inversée par ces mesures.
L’annonce d’un droit à la formation ou à l’emploi ouvert jusqu’à 18 ans ne se traduit pas par de meilleures conditions de scolarité qui pourraient permettre l’obtention d’un diplôme reconnu et l’élévation du niveau de qualification de tous. Les mesures concernant les étudiants boursiers sont tellement limitées qu’elles ne peuvent prétendre constituer une avancée importante dans le sens de l’autonomie de la jeunesse. Rien n’est dit sur les responsabilités des entreprises. Les conditions d’accès au RSA pour les jeunes ne régleront que très marginalement la situation de quelques uns.

Les annonces reprises du Livre vert de M. Hirsch se réduisent en fait pour les élèves en difficulté à un accompagnement vers la sortie du système éducatif sans autre horizon qu’un contrat d’apprentissage ou un CIVIS .Toutes les études (CEREQ…) démontrent pourtant que le diplôme reste un rempart contre le chômage, même et surtout en période de crise.

Sous prétexte de mettre fin au tri social, c’est bien une orientation à deux vitesses qui se profile, correspondant à la segmentation du marché du travail : accompagnement instrumentalisé vers la précarité et vers des certifications étroites et rapidement obsolètes pour les jeunes en difficulté ; élaboration d’un parcours jusqu’aux études supérieures confiée aux enseignants dans le cadre de la réforme des lycées, pour ceux qui auront réussi à atteindre le lycée. De quel service d’orientation aurait-on besoin dans cette logique de renoncement ?

Le « véritable » service public de l’orientation que le président appelle de ses vœux ressemble au service régionalisé que toute la communauté éducative a repoussé en 2003. La proposition de rapprocher l’ONISEP, le Centre Info et le CIDJ ne fera qu’accentuer la confusion entre formation initiale et continue et affaiblir le rôle du service public
Les CIO qui ont perdu 600 personnels en 3 ans seront dilués dans ce service avec toutes les structures s’occupant d’insertion et d’orientation professionnelle des adultes, sous une double tutelle. Le Délégué interministériel à l’orientation, placé sous l’autorité du Premier ministre fixera le cadre national de cette politique qui sera ensuite déclinée sous la responsabilité des régions Comment l’orientation pourrait elle encore s’inscrire dans un cadre national d’égalité de l’offre de formation si la place des régions devient prépondérante ? Comment prétendre renforcer qualité des réponses apportées par le service public en autorisant des organismes privés ou associatifs à entrer dans le système éducatif en lieu et place des conseillers d’orientation-psychologues qui par leur formation mettent la déontologie au cœur de leurs pratiques ?

En adoptant un tel projet le gouvernement transformerait radicalement la conception de l’orientation scolaire en la réduisant à la préparation à l’insertion. Il acterait ainsi son refus d’investir pleinement dans l’Education pour lutter contre le chômage des jeunes et la ségrégation sociale.

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cp snes déclarations sarkozi avignon

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