Communiqués de presse

Communiqué commun sur les stages en entreprises organisés par l’IDE

COMMUNIQUE DE PRESSE

APSES - SE - SGEN - SNES - SUD-Education

Le ministère de l’éducation nationale renforce le monopole de la formation des professeurs de SES donné à l’IDE (Medef)

Ce n’est plus une question : l’éducation nationale a bien donné le monopole des stages longs de formation continue à l’IDE (Institut de l’entreprise), proche du Medef. En effet :
depuis trois ans, plus de 100 professeurs ont « bénéficié » de plus de deux mois de stage dans de grandes entreprises ;
le ministère a décidé de mettre les bouchées doubles en multipliant par deux le nombre de stagiaires et envisage d’accroître encore ce nombre comme si tous les enseignants de SES devaient passer par le « moule » de l’IDE ;
cette initiative s’accompagne de la tenue de colloques, « parrainés » par l’IDE : un premier s’est tenu en octobre 2003, au lycée Louis-le-Grand, à Paris, sur le thème « les entreprises et la mondialisation » ; un deuxième devrait avoir lieu fin août 2005 sur le thème « les entreprises et l’innovation » ;
dans les académies, les enseignants qui ont participé à ces stages sont censés faire retomber l’information auprès de leurs collègues (organisation de stages des plans académiques de formation, journées de réflexion...).

S’il n’est pas question de remettre en cause l’intérêt de principe de stages longs dans de grandes entreprises, dans le cadre de la formation des enseignants assurée par l’éducation nationale, on ne peut que protester contre :
le partenariat exclusif dont jouit l’IDE (ce n’est pas l’organisation, dans la présente année scolaire, d’un séminaire de deux journées au Conseil Economique et Social, qui peut être considérée comme un projet alternatif) ;
l’absence de stages longs dans d’autres lieux : PME, collectivités territoriales, fonction publique hospitalière, ONG...
l’absence de lien institutionnalisé entre le travail de terrain des enseignants en stage et des organismes de recherches spécialisés dans les domaines de l’économie et de la sociologie des entreprises et des organisations.
Ce refus du ministère de remettre en cause ce monopole de fait dont dispose l’IDE à un moment où les crédits de la formation continue se réduisent comme peau de chagrin et ne permettent plus, dans la plupart des académies, de construire des formations adaptées et en tout cas jamais de stages longs, ne peut être perçu que comme une volonté affichée d’encadrer et de contrôler une profession qui s’est toujours définie, dans sa pratique, par la recherche de la multiplicité des points de vue, des approches, et des sources.
Pour respecter les principes de laïcité et de pluralisme, les signataires demandent au ministère de l’éducation nationale
de redéployer ses moyens en donnant la possibilités aux enseignants de SES d’accomplir des stages longs dans d’autres organisations productives que les seules entreprises sélectionnées par l’IDE ;
d’associer à ce processus de formation des chercheurs (universités, CNRS etc.) susceptible d’aider les professeurs en stage à bénéficier, dans leur travail de terrain, des éclairages apportés par la recherche scientifique.
Paris, le 30 mai 2005

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