Programmes au collège (2009-2012)

Comment et pourquoi aborder l’apprentissage de la chronologie ? Réflexions sur la refonte des programmes d’Histoire-Géographie au collège.

Ce texte résulte des travaux menés en ateliers lors de la journée de réflexion disciplinaire du groupe Histoire-Géographie du SNES, le 20 décembre 2007. Rapporteur : Patrice Bride, groupe Histoire-Géo.

L’idée est de prendre au sérieux l’apprentissage de la chronologie en le faisant apparaître de façon explicite dans les programmes, au-delà d’une liste des repères chronologiques, et cela sur l’ensemble des années du collège afin qu’il ne se réduise pas à du bachotage de dates en fin d’année de troisième en guise de préparation à l’exercice sur les repères du brevet.

La frise chronologique paraît un outil incontournable, du même ordre que la carte pour le géographe, même si d’autres supports comme le récit peuvent être intéressant pour l’apprentissage du temps.
Précisons qu’il ne s’agit en aucun cas de verser (voire de retomber) dans la construction de frises chronologiques mobilisant des capacités de géométrie et de proportionnalité n’ayant que peu à voir avec l’enseignement de l’histoire, et non plus dans les exercices arithmétiques de manipulation de dates et de siècles.

En début de sixième, ce temps d’apprentissage pourrait constituer un moment de réactivation des repères chronologiques travaillés tout au long du primaire. Il serait également l’occasion de commencer la constitution d’une frise de référence qui serait utilisée ensuite tout au long de l’année scolaire, comme support d’un travail répété de contextualisation à l’occasion de la rencontre de chaque nouveau repère chronologique.

Repris en chaque début d’année, ce travail pourrait favoriser la mémorisation en profondeur des repères chronologiques du collège. Il pourrait permettre également une progressivité de l’apprentissage d’opérations de manipulation du temps, en abordant peu à peu par exemple le croisement de frises thématiques, de frises à différentes échelles de temps, le travail de sélection de dates marquant une rupture, la réflexion sur la portée dans le temps d’un événement, etc.

Peut-être serait-il opportun d’utiliser en sixième le point sur les trois monothéismes pour travailler plus particulièrement cette chronologie ? Le repérage des moments clés de la fondation des trois monothéismes sur une même frise chronologique pourrait éviter que leur étude commune laisse penser qu’ils sont simultanés. La construction d’une frise comme trace écrite de l’étude diachronique des différentes religions des origines à nos jours pourrait permettre de montrer à quel point tant dans le dogme que les pratiques, l’influence sociale comme politique évoluent au cours du temps.

Voir aussi le texte sur l’enseignement des monothéismes : http://www.snes.edu/observ/spip/spip.php?article3524.

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