Programmes au collège (2009-2012)

Comment enseigner les monothéismes au collège ? Réflexions sur la refonte des programmes d’Histoire-Géographie au collège.

Ce texte résulte des travaux menés en ateliers lors de la journée de réflexion disciplinaire du groupe Histoire-Géographie du SNES, le 20 décembre 2007.
Rapporteur : Stéphane Bailanger, groupe Histoire-Géo.

Nos remarques et critiques

L’étude groupée des 3 monothéismes (judaïsme, christianisme et islam) en fin d’année scolaire présente déjà en elle-même le risque d’être bâclée et d’aboutir soit à un travail comparatif de type tableau dans la recherche séduisante d’un œcuménisme de circonstance, soit au développement d’un catalogue de mythes fondateurs et de récit des « révélations », de personnages incontournables et de documents patrimoniaux qui répondent plutôt à la transmission d’une culture générale.

Pour nous, il est plus opportun d’aborder les contextes dans lesquels se sont développées ces nouvelles manières de penser le rapport au divin pour en comprendre les fondements. En outre, les contextes de la naissance des trois monothéismes sont très différents et surtout très éloignés chronologiquement. Pour le judaïsme, on est dans le temps long de la rédaction millénaire de la Bible. Pour le christianisme, on est dans le contexte d’une crise du judaïsme depuis le Second temple et dans la domination méditerranéenne de Rome. Enfin, pour l’islam, le contexte et celui du Proche-Orient et de l’Arabie au VIIe siècle.

Sans une étude simple mais solide de ces contextes, les élèves risquent de ne retenir que les caractéristiques essentielles des trois monothéismes. Or le fait religieux n’a de sens en Histoire que lorsqu’il est étudié dans le contexte de son élaboration et incarné dans la connaissance des territoires et des sociétés qui l’ont porté.

Aussi, il ne nous est pas possible de proposer une alternative sans proposer celle-ci dans une refonte globale du programme de 6e en histoire.

Notre proposition de découpage

Nous restons dans le cadre de l’Antiquité (mais nous débordons sur l’Antiquité tardive pour l’islam). Après une introduction sur la naissance de l’agriculture et de l’écriture, nous proposons un programme en deux parties (50% du temps chacune).

Première partie : Les grands espaces politiques de l’Antiquité (partie plutôt chronologique et politique)

- Le Croissant fertile (au choix l’Egypte ou une cité-état de Mésopotamie)
- Le monde grec (dont Athènes et sa démocratie)
- Le monde romain (Rome et l’Empire, la Gaule)
- Le monde oriental (au choix la Chine ou l’Inde)

Seconde partie : La naissance des grandes manières de penser et de croire (partie culturelle et religieuse)- La pensée et le polythéisme grec (la Grèce des savants et des philosophes trouve sa place ici)
- Le judaïsme, le monothéisme du « peuple élu » (on insistera sur la fixation entre le premier et le second temple)
- Le christianisme, un monothéisme universel (du Christ à Paul de Tarse, la vie des premiers chrétiens)
- L’islam, un monothéisme conquérant (le Coran, Mohammed et les conquêtes arabes)

Conclusion sur la chute de l’Empire romain en Occident et les héritages de l’Antiquité. A ce moment, un tableau synthétique des grandes religions pourra alors trouver sa place.

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