Communiqués de l’intersyndicale

Comité de suivi de la « délocalisation » du CNDP

Intersyndicale du réseau CNDP/CRDP [SCÉRÉN]
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Paris, le 4 mars 2004

Communiqué n°36
Comité de suivi de la « délocalisation » du CNDP
À l’issue du colloque organisé à l’Assemblée nationale le 20 janvier dernier, à l’initiative de l’intersyndicale du CNDP et de Noël Mamère, député des Verts, les intervenants ont considéré qu’il était urgent autant que nécessaire de constituer un comité de suivi du transfert forcé du CNDP à... Chasseneuil-du-Poitou, dans un bâtiment vide, sur le site du Futuroscope en déroute.

Le comité est constitué par les représentants de l’intersyndicale et de l’association Nodeloc du CNDP, des représentants du secrétariat général des quatre fédérations syndicales nationales (FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation), Noël Mamère (député des Verts), Janine Jambu (député PC), Yves Durand (député PS), Hélène Luc (sénatrice PC), des conseillers régionaux : Nicole Touquoy-Morichaud (MRC), Francine Bavay (Vert), Henriette Zoughebi (PC), de Lyne Cohen-Solal (maire-adjoint PS de Paris, conseillère municipale du Ve arrondissement de Paris), Anne Hidalgo (maire-adjoint PS de Paris).
La présidence d’honneur de ce comité de suivi est assurée par Lucie et Raymond Aubrac.

Chacun s’est accordé pour dénoncer le caractère clientéliste et délétère de cette opération menée par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, mettant en place une camarilla poitevine pour ce faire à tous les niveaux de l’État et jusque dans les directions du CNDP.
Face à l’absence de projet pour le CNDP et son réseau d’établissements publics, compte-tenu du caractère exemplaire de sa déconcentration au travers du maillage de proximité de ses centres régionaux et départementaux sur l’ensemble du territoire ; face au déni d’aménagement du territoire que les disparités entre la région Ile-de-France et la région Poitou-Charentes démontrent, tout plaide en la faveur de la première tant en terme de chômage, qu’en terme de répartition des emplois publics.

Enfin, la méthode employée apparaît scandaleuse d’un point de vue du droit et ses effets sur les personnels et leur famille indécent. Toutes les procédures républicaines sont court-circuitées telle l’impasse faite sur les dispositions légales exigeant la mise en œuvre d’études préalables prévues au code de l’urbanisme. Un seul objectif guide ce processus : respecter un calendrier visant à un affichage le plus important possible du transfert dans la perspective des élections régionales. La logique sociale à l’œuvre se résume dans un transfert de postes et non des personnels, comme l’a relevé Raymond Aubrac qui suivit la délocalisation réussie de l’agronomie française à Montpellier pour trois ministères.

La nomination de Benoît Sillard comme sous-directeur de la Direction de la technologie (DT) du ministère de l’Éducation nationale, ancien P-DG de Fun Radio, de radio TV.com, ses, encore récentes, responsabilités au sein de groupes d’édition aux intérêts multinationaux (RTL, Hersant, etc.), son ancienne appartenance, tout aussi récente, à un puissant groupement d’éditeurs numériques privés qui ne cachent pas leur énorme appétit face au potentiel « marché de l’éducation », inquièterait quiconque défend le maintien et le développement du service public d’éducation. Les déclarations et les actions du sous-directeur de la DT ont confirmé, sans ambiguïté, ces inquiétudes. Il s’est prononcé à plusieurs reprises et publiquement, sur la fin de la production éditoriale multisupports du réseau CNDP. Il a produit deux lettres de cadrage, en ce sens, sur l’activité du CNDP. Il a organisé l’éviction de l’Inspection générale de l’Éducation nationale de la validation des ressources pédagogiques afin de favoriser la « privatisation » d’un projet public, rebaptisé pour l’occasion « canal numérique des savoirs ». Sa participation au recrutement de Philippe Portelli, récent ancien directeur d’édition des éditions Chrysis, entreprise de... Poitiers, ne laisse aucun doute sur les intentions de démantèlement du service public en général et du réseau CNDP en particulier.

Enfin, le pseudo plan social (en fait un plan de libération des postes) présenté par la direction générale du CNDP il s’agit surtout de pressions exercées par la cellule de reclassement sur les personnels, soit pour qu’ils se désignent « volontaires » pour partir à Chasseneuil, soit, dans le plus grand nombre de cas, pour qu’ils quittent le CNDP.

Face à cette « OPA » agressive contre le service public doublée d’un positionnement poitevin pour prendre la main sur le leadership de ce marché potentiel, face au « lock out » déguisé des personnels, face à la récente entreprise de répression contre la représentation syndicale (trois membres de l’intersyndicale, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA) : la vigilance impose à présent l’action.

Dans la perspective de construire des assises de la documentation et de l’édition publique pédagogique multisupports, nous proposons de bâtir, dans le cadre de la campagne régionale, une approche de projet pour un nouveau développement de ce service public dans le cadre d’un regroupement francilien des activités du CNDP.

Nous souhaitons y dénoncer vigoureusement les intérêts bafoués des personnels et des missions de leur établissement (la pétition en cours et de nouvelles actions de communication tournées vers la communauté éducative nationale à mettre en œuvre).

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