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Colloque FSU contre la précarité du 12 mars (vendredi 21 mars 2008)

LA FSU LANCE UN MANIFESTE CONTRE LA PRECARITE

Paris, Mercredi 12 mars 2008, 18:45:34 La FSU lance un manifeste "contre la précarité, pour des emplois stables et pérennes" à l’occasion d’un colloque organisé ce mercredi 12 mars 2008 contre la précarité dans la fonction publique. La fédération syndicale se fait l’écho des statistiques ministérielles selon lesquelles l’enseignement supérieur et la recherche compte 21 957 "enseignants non permanents" parmi lesquels : 3 228 associés, 6 768 Ater, 6 701 moniteurs, 4 234 assistants des disciplines médicales, 1 026 lecteurs et maîtres de langues. "Toutes ces catégories ne peuvent pas être considérées comme précaires, mais c’est le cas de la plupart", estime la FSU.

Elle ajoute que "’ces statistiques passent sous silence d’importantes catégories : les contractuels dont les différentes situations existantes (emploi sur des postes vacants, ou emploi dans des centres de langue, de français langue étrangère...) représentent plus d’un millier ; les vacataires dont le ministère refuse de faire la statistique et dont le nombre est nettement plus important ; les jeunes chercheurs en post-doc dont les situations très variables échappent à toute statistique à l’heure actuelle".

*ARRÊT DU RECRUTEMENT DE PRÉCAIRES*

Elle réclame donc "l’arrêt du recrutement de nouveaux personnels précaires par la création d’emplois statutaires, correspondant à de nouveaux métiers ou à des missions déjà existantes" et "un plan de titularisation rapide, prenant en compte les services effectués, élaboré selon des modalités adaptées à chaque secteur". Elle souhaite aussi que "les personnes recrutées sur les emplois aidés se voient garanties une formation, la prise en compte des qualifications acquises et l’accompagnement vers un débouché professionnel, y compris dans la fonction publique". La FSU revendique aussi "le rétablissement d’un statut de type MI-SE (maître d’internat-surveillant d’externat), ainsi qu’une "gestion des personnels fondée sur des règles collectives respectueuses des personnes et de leurs droits".

La fédération dénonce la précarité qui devient une "variable d’ajustement des politiques de l’emploi" et "un passage obligé pour un trop grand nombre de salariés, jeunes et moins jeunes". Elle constate que "les précaires d’aujourd’hui sont encore plus précaires, plus taillables et corvéables, plus mal payés et plus ignorés que les précédents". En outre, "la volonté du gouvernement de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite entraîne une très forte diminution des postes aux concours, passage obligé pour la titularisation". De même, "la réduction des recrutements risque de générer un recours encore plus massif à des personnels précaires pour répondre en urgence à la demande de service public".


LA FSU LANCE UN MANIFESTE CONTRE LA PRECARITE DANS LA FONCTION PUBLIQUE

PARIS, 14 mars 2008 (AFP) - La FSU a publié un "manifeste contre la précarité dans la Fonction publique" dans lequel elle demande un "plan de titularisation rapide" des vacataires, contractuels, et autres contrats aidés travaillant pour l’Etat mais en situation de pauvreté. Ce manifeste "a pour but de donner un coup de projecteur sur la précarité dans la fonction publique, un phénomène récurrent et ignoré, qui touche tous les ministères, toutes les administrations", a expliqué vendredi à l’AFP le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri. "Vacataires, contractuel-les, contrats aidés, assistant-es d’éducation ou assistantes maternelles et familiales, nous sommes des dizaines de milliers dans la fonction publique (d’Etat, territoriale et hospitalière)", explique le manifeste, qui a été rendu public mercredi au cours d’un colloque de la FSU sur la précarité. "Nous représentons plus de 15% des effectifs des trois fonctions publiques dont une grande majorité de femmes", ajoute le texte, qui se base sur "les statistiques officielles". "Si nous sommes là, c’est pour assurer des missions de service public, parce que les emplois n’ont pas été créés en nombre suffisant ou n’ont pas tous été pourvus", ajoute le texte, qui dénonce une situation qui "perdure". "Nous nous retrouvons des milliers, d’année en année, à renouveler nos contrats précaires afin que les missions de service public soient assurées. Certains parmi nous sont remerciés du jour au lendemain, un autre vacataire est recruté. Beaucoup connaissent le chômage", explique-t-il. Selon le manifeste, les précaires sont "très souvent affectés sur des postes à temps non complet et donc à faible rémunération", et représentent une "variable d’ajustement des politiques de l’emploi". La FSU demande "l’arrêt du recrutement de nouveaux personnels précaires par la création d’emplois statutaires, correspondant à de nouveaux métiers ou à des missions déjà existantes", et "un plan de titularisation rapide". Pour M. Aschieri, "le service public a besoin de pérennité, de stabilité", et la volonté du gouvernement de recourir "à l’interim", n’est "pas acceptable".


LES PRECAIRES DU SECTEUR PUBLIC, "UN PHENOMENE RECURRENT"

PARIS, 14 mars 2008 (AFP) - Professeur de français, conseiller ANPE ou assistant de vie scolaire, ils ont en commun de travailler pour le secteur public, en situation de précarité, un phénomène "récurrent et ignoré", dénoncé cette semaine dans un manifeste syndical. "Avec un salaire de 780 euros net par mois, pour un loyer de 600 euros à Paris, je survis", explique à l’AFP Yannick, 30 ans, embauché comme Emploi de vie scolaire (EVS) dans une école parisienne, en charge d’une élève handicapée 26 heures par semaine. "Je jongle avec les factures et je mange beaucoup de pâtes", ironise le jeune homme, en contrat d’accompagnement à l’emploi (CAE) pour 2 ans et qui a participé cette semaine à un colloque sur l’emploi précaire organisé par la FSU (1ère organisation syndicale chez les fonctionnaires d’Etat). Cet ancien chômeur pendant plus d’un an a accepté ce contrat car il n’avait "pas le choix", regrettant qu’on "pallie un manque de personnel avec des contrats au rabais". "Dans deux ans, je serai obligé de partir tandis qu’un autre sera embauché dans la même précarité", souligne-t-il. Cette précarité est "un phénomène récurrent et ignoré" dans la Fonction publique, explique Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, qui estime le nombre de non-titulaires à 15% des effectifs, soit environ 766.000, et un peu moins de 200.000 le nombre de contrats aidés, des chiffres confirmés par le rapport annuel 2006-2007 de la fonction publique. En 2006, une étude de la Dares (ministère du Travail) précisait qu’avec 16% des emplois, la part des "contrats courts" (CDD, vacataires, emplois aidés, stagiaires) ne cessait d’augmenter dans la Fonction publique. Bien sûr, tous les non titulaires ne sont pas précaires, et certains préfèrent rester contractuels, car ils sont parfois mieux payés. "Mais la grande masse est en dessous du Smic" et travaille souvent à temps partiel, affirme M. Aschieri, qui a demandé mercredi au secrétaire d’Etat à la Fonction publique André Santini, "un recensement" des situations précaires ». Une idée à laquelle "réfléchit" le ministère, qui souligne qu’une circulaire vient d’élargir la possibilité de cumuler, en sus de son activité principale dans la fonction publique, d’autres activités, publiques ou privées, permettant parfois d’améliorer certaines situations. Dans un manifeste rendu public mercredi, la FSU demande aussi "un plan de titularisation" pour tous les précaires. Un rêve auquel Vincent Lombard, 31 ans, ne croit plus. Ce professeur de français depuis 6 ans dans l’académie de Grenoble multiplie les embauches en contractuel, et parfois même en vacataire, un statut encore plus précaire car "payé à l’heure, et sans droit social". Le tout ponctué de périodes de chômage, qui l’empêche de pouvoir prétendre à un CDI de la Fonction publique, statut qui nécessite 6 ans de service continu sans interruption, et n’apporte de toute façon aucune garantie de titularisation. Avec 1.170 euros net par mois et des frais d’essence non remboursés, il se plaint de la "flexibilité à outrance" que les rectorats imposent, l’envoyant parfois en poste à plus de 100 km de son domicile. Pour être titularisé, la concurrence est rude, souligne M. Aschieri : 600 postes sont ouverts au concours interne chaque année dans l’Education, pour plus de 20.000 non titulaires. Quand à Marie Catusse, 52 ans, en CDD pour 2 ans à l’ANPE de Riom, elle espère toujours être embauchée un jour en CDI. Elle a laissé toutes ses affaires à Béziers, dans un garage, pour venir en Auvergne, pour un salaire mensuel de 1.120 euros. "Je m’accroche, car le boulot me plaît", explique cette mère de deux enfants, qui s’"inquiète de la future fusion ANPE-Assedic, et de l’avenir du service public".

Secteur Non-titulaires National

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