US 737 du 21 décembre 2014

Chantier programmes : calendrier intenable

Le ministre s’est adressé au Conseil supérieur des programmes en lui précisant des
axes de travail. Le calendrier proposé est, pour le SNES, intenable et doit être revu.

Le ministre a installé en octobre le Conseil supérieur des programmes (CSP),
nouvelle instance chargée d’émettre des propositions sur la conception générale et les contenus des enseignements scolaires.

Nouvelle définition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, en lien avec de nouveaux programmes en Cinquième et CM1
(début de cycles) ; enseignement moral et civique ; référentiels pour le PEAC
(1) et le PIIODMEP (2) : le calendrier ministériel prévoit que tout soit bouclé en
avril 2014 !

POUR UN DESSERREMENT DU CALENDRIER

Pour le SNES-FSU, si d’éventuels aménagements
des programmes actuels et un véritable bilan
peuvent être faits d’ici avril, il n’est pas concevable que de nouveaux programmes puissent
être travaillés par les groupes d’experts (qui ne
sont pas encore nommés) et que la profession
soit consultée dans ces délais.

Si le CSP s’engageait dans cette voie, il passerait
à côté d’une véritable refondation des programmes, et de leurs modalités d’élaboration, et à côté de la relance nécessaire de la démocratisation scolaire.

Le SNES-FSU a été reçu par le CSP et demandé,
comme au Conseil supérieur de l’éducation du
6 décembre dernier, un desserrement de ce
calendrier de travail et des garanties concernant les groupes d’experts (« sécurité » des collègues par rapport à l’inspection, nombre de collègues dans les groupes...). Le président du CSP
a reconnu la tension entre l’urgence de décisions politiques et la nécessité de faire du bon
travail.

Le SNES-FSU souhaite que la charte des programmes et les textes d’orientation qui vont permettre la rédaction des programmes soient
discutés en amont, et que la logique du LPC
avec des « cases à cocher » soit abandonnée,
tout comme celle des « compétences-clé européennes » qui avaient inspiré le socle de 2005.

Il s’inquiète de la « logique curriculaire » qui
prévaudrait pour la construction des programmes, logique impliquant une marge d’autonomie locale des équipes ; il a réaffirmé son
exigence d’un cadre national fort.

Sandrine Charrier,
contenus@snes.edu

(1) Parcours d’éducation artistique et culturelle
(2) Parcours individuel d’information, d’orientation et de
découverte du monde économique et professionnel

PROGRAMMES OU CURRICULUM ? Un curriculum est un « programme d’étude ou de formation organisé dans le cadre d’une institution d’enseignement ou, plus précisément, un ensemble cohérent de contenus et de situations d’apprentissage mis en œuvre dans une progression déterminée » (1). Il inclut les programmes scolaires, mais n’en est pas synonyme. Pour Marc Demeuse (2), il s’articule autour de six composantes : les apprentissages à installer, les stratégies et les processus pédagogiques à mettre en œuvre, les supports didactiques (manuels, matériel...), les contenus d’enseignement, les résultats attendus et les modalités d’évaluation, la formation initiale et continue. Il suppose une certaine autonomie locale des équipes, qui prend des formes différentes dans les pays où il est mis en place. Pour le SNES-FSU, le CSP doit préciser ce qu’il entend par « curriculum ». Est-ce une piste intéressante ou une énième tentative pour justifier et renforcer certaines politiques éducatives contestées (autonomie des établissements, rapprochement école collège, entrée par les compétences...) ? (1) Jean-Claude Forquin in Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation, Nathan, 1998 (2) Professeur à l’Université de Mons (Belgique), en psychologie et sciences de l’éducation

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