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Un film de Brillante Mendoza (France-Philippines-Royaume-Uni-Allemagne)

"Captive" Sortie en salles le 19 septembre 2012

Un groupe d’une dizaine de ressortissants étrangers est pris en otage à Palawan aux Philippines par le groupe Abu Sayyaf, des terroristes musulmans fanatiques qui revendiquent l’indépendance de l’Île de Mindanao.

A ce groupe de personnes d’origines diverses, s’ajouteront bientôt Thérèse Bourgoine, une française œuvrant dans l’humanitaire et une vieille ressortissante philippine qui l’accompagnait dans sa mission.

Commence alors, pour ces personnes, une épreuve de chaque instant, à travers une jungle infestée de tous les dangers "naturels", où chacun sait qu’à défaut de paiement des rançons demandées à son gouvernement, sa vie ne tient plus qu’à une simple pression de gâchette

La jungle est le territoire des terroristes qui ne font qu’une "bouchée" de chaque tentative militaire pour délivrer les otages.

Le film de Brillante Mendoza fait état, tout au long de mois de captivité, du "quotidien" de ces êtres isolés dans des régions hostiles, face à la redoutable détermination des rebelles, de l’épreuve physique que représente chaque étape, la traversée de régions marécageuses, les accidents qui surviennent, des blessures qui en résultent et pour lesquelles ils ne disposent d’aucun médicament.

Ici, le seul secours est celui qu’on peut trouver en soi-même, dans l’instinct de survie, dans les mystérieuses et inépuisables ressources dont chacun dispose.

Le rythme des déplacements, le déroulement incertain des nuits, la difficulté à communiquer avec l’autre, viennent confirmer l’insondable solitude où chacun est plongé dans l’épreuve.

A peine, Brillante Mendoza se permet-il dans cette douloureuse chronique, quelques rapprochements comme celui qui s’empare, une nuit, de Thérèse Bourgoine et d’un jeune terroriste tout aussi perdu qu’elle. Il représentera, l’espace de quelques heures, les enfants dont elle séparée et qu’elle ne reverra peut-être jamais et elle sera pour lui cette mère qui a été assassinée dans la tourmente des événements.

Cette sobriété, cette "sécheresse narrative" deviennent l’essentielle qualité du film.

On comprend qu’Isabelle Huppert, friande de personnages et d’atmosphères cinématographiques nouveaux, ait eu envie de tourner sous la direction de Brillante Mendoza, le talentueux réalisateur de " Serbis", qu’elle ait accepté pour cela les contraintes géographiques et climatiques.

Le danger résidait dans le fait que son personnage muet pendant une grande partie du film, qui offre un visage à nu, privé de tout maquillage, et qu’elle joue sans avoir recours au moindre effet dramatique, se fonde dans l’austérité narrative du film. Et c’est un peu ce qui se produit.

Du coup, on se demande si l’émotion qui n’est pas au rendez-vous et dont sans doute, le metteur en scène ne souhaitait pas charger son récit, ne manque pas un peu.

"Captive" reste un beau film austère sur les comportements fanatiques et sur les chemins qui conduisent à la résignation, pour les otages, à abandonner tout au long de l’épreuve, comme on se délesterait de ses bagages superflus, jusqu’à la dernière de ses espérances.

Francis Dubois

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