Archives 2006

CR de l’audience au Ministère du 12 janvier

Compte rendu de l’audience du 12 janvier 06

Présents : Cabinet : R Mazure, M. Bénéfice, M. Roy
SNES : G Jean, C Remermier, S Boniface.

Décret Orientation.

Le décret n’est pas prêt et ne sera pas soumis avant mars.
L’orientation ne sera plus seulement traitée au collège mais tout au long du cursus, y compris l’articulation lycée-enseignement supérieur. R. Mazure a souligné l’importance de l’interface secondaire et supérieur et les possibilités d’amélioration à ce niveau. Apparemment le MEN est preneur de propositions sur le sujet. Le texte devrait aussi intégrer une réflexion sur les établissements supérieurs et les universités.

Concernant les procédures d’orientation et en particulier la première « mouture » du texte qui prévoyait que les conseils de classe puissent se prononcer sur les spécialités professionnelles, il semble que le MEN n’envisage pas d’instaurer une contrainte forte mais plutôt de préparer le choix de la spécialité en amont avec tous les acteurs. Ils réfléchissent à l’affectation et en particulier à la manière d’améliorer l’adéquation entre la carte scolaire et les demandes des élèves, sachant « qu’on ne peut pas moduler la carte scolaire à volonté ». La piste étant semble t-il de mieux utiliser les rapports établis par les IA. Mais rien n’a été répondu sur les objectifs éducatifs, sur le niveau d’ambition que le MEN se fixait pour la jeunesse, dans le système éducatif.

Par contre on nous a vanté les mérites de l’apprentissage, présentée comme « une voie de formation comme les autres », « le meilleur moyen de faire arriver le maximum de jeunes le plus loin possible ». A nos objections concernant les risques importants de déscolarisation de ces élèves qui pouvaient « disparaître », si l’apprentissage ne leur convenait pas, nos interlocuteurs ont vivement mis en avant la possibilité de retour dans leur établissement d’origine, allant jusqu’à évoquer la réintégration en LP (ce qui paraît grandement hypothétique étant donné les problèmes de place !) et la nécessité de ne pas réserver cette voie de formation aux élèves dont les acquis scolaires étaient insuffisants.( !) L’objectif étant de les amener à découvrir beaucoup plus de métiers, à leurs donner des idées qu’ils n’auraient pas eu, à diversifier leurs expériences.
Au-delà du discours on peut retenir que les « besoins économiques doivent être pris en compte dans la politique d’orientation et qu’ils vont être introduits »

Recrutement et missions

Il nous a été affirmé que le rôle des co-psy n’était pas remis en question mais le discours était beaucoup moins rassurant sur les missions.
Sur la question de l’information le MEN envisage de faire travailler ensemble « des équipes plurielles », des organismes d’autres services (ONISEP, bien sûr, mais aussi réseau information jeunesse, les chambres de métier, les chambres consulaires, les initiatives du type de la cité des métiers) La préoccupation essentielle du MEN semble être d’éviter les doublons. « Il faut voir ce qui peut être mis en synergie, au travers des bonnes pratiques sur le terrain afin de les généraliser. D’où le choix des académies expérimentales » Il y a six académies expérimentales maintenant (Bordeaux, Caen, Nantes, Amiens, Strasbourg et Versailles). Ces académies ont été choisies car elles sont en avance dans la mise en synergie. L’objectif étant de repérer les pratiques qui apportent un plus en matière d’information, d’orientation et d’insertion. « La dimension insertion est une dimension essentielle du processus d’orientation »( !) Les actions devraient être conduites sous l’autorité du Recteur autour des pôles de formation.

S’agissant des postes, nos interlocuteurs ont reconnu qu’il y avait eu un arbitrage en défaveur des co-psy, mais « qu’après une dynamique de recrutements forts ces dernières années il était normal de ralentir la progression. Et de nous annoncer glorieusement + 7,5% des effectifs du corps (co-psy+DCIO) et + 9% du grade des conseillers en 10 ans (!!!)Le corps compterait 4759 co-psy et DCIO.

A la question « mais où sont passés les postes puisque nous n’avons eu aucune création de postes sur le terrain, pire il y a eu des suppressions. » Pas de réponse claire Ils vont vérifier.

Décentralisation et création de GIP*

Notre interlocuteur a tenu à nous rassurer en nous affirmant qu’il n’était pas question de décentralisation. S’agissant des GIP le sujet ne saurait pas à l’ordre du jour même s’il n’est pas exclu. « Il y a des velléités (dans les régions), nous attendons que ces velléités soient un peu appuyées » Le président de l’Association des régions de France a été reçu sur ce sujet mais aucune réalisation immédiate n’est envisagée. En fait si les régions font des propositions il nous a été dit clairement que le MEN s’associera et négociera. Quoi ? Ça l’histoire ne le dit pas !

Bien entendu nous avons dit notre opposition et rappelé la spécificité de notre métier et de nos services. Il nous a été répondu qu’il fallait effectivement travailler aussi dans le préventif mais qu’il y avait un équilibre à trouver entre curatif et préventif. Où mettre le curseur ?

Rapport des IG

La tonalité semble être plutôt dubitative. Ils ne sont pas « à une étape où ils veulent prendre des décisions quant au nombre de CIO » . Par contre R. Mazure a reconnu que le MEN avait été interpellé par l’association des départements de France qui demande à l’Etat de reprendre la gestion des CIO. Il est clair que le MEN va devoir bouger et dans le contexte il risque d’entendre d’une oreille très favorable les propositions des régions !

Sur la modification du recrutement et le titre, la réponse est que ce n’est pas évoqué mais on peut aussi y voir une volonté d’éviter le sujet.

* GIP = Groupements d’intérêt public, structures pouvant rassembler le public, l’associatif et le privé.

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