US 703 du 22 décembre 2010

CPGE : menaces sur la proximité

Une vague sans précédent de projets de fermetures de classes
préparatoires, une quinzaine à ce jour, remonte de plusieurs académies.

Les collègues sont traités de façon cavalière,
on leur enjoint de participer au mouvement
spécifique CPGE ainsi qu’au mouvement
général, au cas où leur poste serait
supprimé. Il est inquiétant de constater que
les classes menacées accueillent le plus souvent,
de par leur implantation, des lycéens
d’origine sociale diversifiée. À l’heure où le
ministère se gausse de « cordées de la réussite
 » dont la pertinence est discutable, il est
inacceptable que des arguments purement
économiques prennent le pas sur une
véritable politique sociale de l’enseignement
supérieur.

Dans le même temps, le ministère demande
aux rectorats d’ouvrir des classes préparatoires
associant lycées et universités.

DES PRÉPAS À DEUX NIVEAUX ?

Devant le manque de moyens, la tentation est
grande de remplacer des CPGE traditionnelles
par ces classes d’un type nouveau, sans que
l’on en saisisse bien l’avantage. Le risque est
de voir ainsi se développer des classes préparatoires
à deux niveaux : les prépas traditionnelles,
implantées dans les lycées de
centre ville, ouvertes aux bacheliers généraux,
et les prépas mixtes lycée-université,
ne préparant pas à tous les concours ou
débouchant principalement sur un cursus
universitaire. Cela serait un immense retour
en arrière, avec à la clé une sélection sociale
accrue en prépa.

L’intérêt économique de ce type de classe
est souvent nul et leur fonctionnement pédagogique
peu satisfaisant, avec intervention de
plusieurs enseignants pour une même discipline
et des transports d’étudiants sur deux
sites différents. Les étudiants de prépa tire plus de bénéfice à l’entrée dans le supérieur
d’un enseignement encadré que d’un contact
supposé avec la recherche, c’est pourquoi la
fermeture de prépas de proximité qui fonctionnent
sur un modèle national en échange
de nouveaux dispositifs peu clairs n’est nullement
un progrès. Enfin les formations supérieures,
qu’elles relèvent de l’Université ou
des lycées, doivent être complémentaires et
non concurrentielles. Le SNES a alerté la
ministre V. Pécresse à ce sujet et a demandé
une audience.

Jean-Hervé Cohen, prepas@snes.edu

SUR LE TERRAIN : ROUEN ET ENGHIEN


Une prépa BCPST1 est ouverte à
l’antenne d’Évreux de l’université de
Rouen, en partenariat avec le lycée
Senghor, elle accueille dix-sept étudiants.
Les enseignants sont maîtres de
conférences, PRAG (universitaires) ou du
lycée Senghor qui interviennent en
vacations. L’enseignement des disciplines
est fractionné, ainsi trois enseignants
interviennent en chimie, trois
en mathématiques, quatre en biologie, etc.
L’université Paris-Nord (Villetaneuse)
et le lycée G.-Monod d’Enghien ont
ouvert une hypokhâgne qui « privilégie
le recrutement d’élèves des lycées
environnants »
. Les options de la khâgne
qui devrait suivre s’appuieront sur
les spécialités existant à Paris XIII.
Les étudiants et les enseignants peuvent
se déplacer d’un site à l’autre.

Autres articles de la rubrique US 703 du 22 décembre 2010