Communiqués de l’intersyndicale

CNDP : les illusions perdues

FSU

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Paris, le 24 janvier 2005

Communiqué n° 54

CNDP : les illusions perdues

Pierre Dasté, nommé médiateur en juin 2004 par le ministre de l’éducation François Fillon afin d’apaiser le violent conflit qui opposait le personnel du CNDP à sa direction générale, nous annonce sa décision d’abandonner la médiation.

Si la désignation d’un médiateur a pour un temps apaisé les esprits, et si celui-ci a obtenu un report d’un an pour le transfert d’une partie des services dont la délocalisation était prévue pour septembre 2004, ainsi que la prolongation des contrats de tous les CDD jusqu’au 31 août 2005, ses préconisations et ses rapports d’étape ont depuis la rentrée scolaire été systématiquement bafoués par la direction générale du CNDP : transfert à Chasseneuil-du-Poitou au coup par coup de postes relevant de services maintenus à Paris, non-remplacement de cadres parisiens partis à la retraite en septembre et accélération des opérations de délocalisation et de démantèlement des services malgré l’absence de tout projet abouti et de tout calendrier validé.

Cette fin de la médiation replonge l’établissement dans la crise qui le secouait au printemps dernier. Pierre Dasté s’est au cours des derniers mois révélé un interlocuteur de poids et a réussi à établir une relation de confiance avec l’intersyndicale. Son départ ne fait que renforcer le rejet et la perte définitive de confiance du personnel à l’encontre de sa direction générale et du président du conseil d’administration Jean-François Cervel, chargé de piloter l’élaboration du projet, et dont on aurait pu attendre davantage de neutralité.

Le personnel du CNDP est indigné par l’hypocrisie du ministère qui n’a exercé aucune pression sur la direction générale afin qu’elle respecte les recommandations de Pierre Dasté, condamnant à l’avance l’issue de la médiation, et démontrant ainsi que celle-ci n’était qu’un leurre.

D’autre part, le projet d’établissement qui devait être élaboré en concertation avec le personnel a été rédigé dans un premier temps par la seule direction générale, et sa nouvelle version intégrant les remarques de la tutelle et qui devait être communiquée à l’intersyndicale aux environs du 17 décembre ne l’a été que le 17 janvier.
Le contenu de ce projet se révèle extrêmement inquiétant. Contrairement aux affirmation de Jean-François Cervel, il ne reflète pas « les réflexions conduites au long des deux dernières années » mais bien une volonté aveugle de casser l’outil d’édition pédagogique publique et de transférer contre toute logique un maximum de postes budgétaires à Chasseneuil-du-Poitou, conformément aux vœux du Premier ministre.

Afin de contrer ce déni de concertation, l’intersyndicale diffusera le 31 janvier le projet d’établissement du personnel, qui aura pour objectif de fournir les éléments de réflexion cruellement absents du débat depuis le début de cette scandaleuse affaire de délocalisation-fait du prince.

Après deux ans de lutte contre cette décision absurde, le personnel est plus que jamais résolu à ne pas déposer les armes et à continuer à se battre pour défendre l’outil d’édition pédagogique publique.

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