Communiqués de l’intersyndicale

CNDP : la direction générale tente de flodoriser 25 serveurs

FSU

Intersyndicale du réseau CNDP/CRDP [SCÉRÉN]
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Paris, le 16 mai 2005

Communiqué n° 63

CNDP : la direction générale
tente de flodoriser 25 serveurs

Les événements se sont précipités depuis notre dernier communiqué de jeudi soir.
Rappelons que dans un courrier adressé à tout le personnel le 14 avril, le directeur général avait annoncé le report du déménagement de la plate-forme dans l’attente du rapport d’expertise demandé par le cabinet du ministre. En apprenant que le déménagement « sécurisé » était fixé au 13 mai, le personnel avait demandé de disposer enfin de ce rapport, avant toute mise en œuvre.

Nuit blanche à Montrouge
Après une conférence de presse tenue à notre initiative rue d’Ulm jeudi après-midi, la secrétaire générale avait asséné avec aplomb à Hélène Luc, sénatrice, Nicole Touquoy-Morichaud et Patrice Bessac, conseillers régionaux d’Ile-de-France, tous trois ceints de leurs écharpes, que le déménagement de la plate-forme informatique de Montrouge vers Chasseneuil-du-Poitou aurait lieu le lendemain à 14 heures.
Les personnels du CNDP n’ont pas ajouté foi à cette information et les faits leur ont donné raison : ils ont pris le directeur général et la secrétaire générale la main dans le sac.
En pleine nuit, une trentaine de collègues ont découvert déménageurs et informaticiens de sociétés prestataires affairés à démonter câbles et cordons, à interrompre le site internet national du réseau SCÉRÉN, à éteindre toutes les bases de données partagées par ce même réseau de 32 établissements publics. Le tout sous le contrôle du directeur général et de la secrétaire générale. Ceux-ci ont été surpris et penauds d’être débusqués dans leurs basses œuvres.
Voilà donc un directeur général qui, quelques heures après avoir été décoré par François Fillon de l’Ordre national du mérite, a démontré sans tarder l’excellence des services qu’il sait rendre - plutôt qu’à la nation, au pouvoir qui l’a nommé et lui délivre ordres et consignes : il avait commencé la journée de jeudi en frappant une déléguée du personnel, au point de lui occasionner une incapacité totale de travail de cinq jours et un congé de maladie de huit jours ; il la terminait en organisant clandestinement le transfert avec la secrétaire générale.
Chacun se souvient de l’épisode des machines de l’usine Flodor, escamotées en plein week-end : le gouvernement Raffarin ne trouvait alors pas de mots assez durs pour stigmatiser de tels « patrons voyous ». Que doivent donc penser les personnels du CNDP ainsi que leurs collègues du réseau SCÉRÉN ?
La présence des collègues a empêché le déménagement et le directeur général a été contraint par ses supérieurs de renvoyer la suite au lendemain.

Lendemain de fête
Vendredi matin, les personnels non prévenus ont découvert les caisses renfermant les machines abandonnées au milieu des couloirs par le directeur général.
Vendredi matin, la responsable du service qui n’avait pas été jugée digne d’être informée de l’anticipation du transfert a dû elle-même prendre les mesures nécessaires pour les mettre en sécurité.
Vendredi matin, les usagers du site du SCÉRÉN ont découvert que celui-ci était indisponible, alors que personne ne les en avait prévenus.
Vendredi matin, l’ensemble des personnels des différents sites du CNDP ont découvert que leur outil de travail était hors service et qu’ils ne disposaient plus de moyens de communication électroniques.
L’assemblée générale qui s’est alors improvisée a reçu la visite d’Hélène Luc, sénatrice du Val-de-Marne, Janine Jambu, députée des Hauts-de-Seine, Nicole Touquoy-Morichaud et Patrice Bessac, conseillers régionaux d’Île-de-France, Jacques Daguenet, président de groupe au Conseil de Paris, Patrick Robineau, élu de la commune de Montrouge, Marie-Agnès Rampnoux, secrétaire nationale du SGEN-CFDT, Didier Cru, responsable de la FERC-CGT.

Délégation au ministère
Une délégation composée d’élus et de représentants de l’intersyndicale s’est ensuite dirigée en fin de matinée vers le ministère et a été reçue à sa demande.
Il a été annoncé :
- qu’un travail de concertation serait entrepris, sous la présidence de Jean-François Cervel, président du CA, avec des membres du ministère et des représentants du personnel sur le projet d’établissement et les modalités de fonctionnement du CNDP ;
- qu’une première réunion se tiendrait à cet effet mardi 17 mai ;
- qu’aucun déménagement n’aurait lieu d’ici là.
A l’issue de cette réunion, le rapport d’expertise de Marianne Lévy-Rosenwald a enfin été remis aux représentants du personnel. Le contenu de ce rapport, qui prend enfin au sérieux le projet alternatif des personnels, explique peut-être les trois semaines qui ont été nécessaires pour le transmettre.
Il n’en reste pas moins que le ministère a semblé manifester une volonté de calmer le jeu.

Un directeur général aux abois
Il n’en est pas de même du directeur général. Que ses déclarations arrogantes soient les principales responsables des incidents de jeudi, que la blessure au pied dont il se plaint ne l’ait pas empêché de marcher sans boîter toute la nuit suivante et de conduire sa voiture de fonction, qu’il s’acharne à créer un contrefeu médiatique pour faire oublier les coups qu’il a portés et qu’il tente maintenant de monter les personnels de Chasseneuil et d’Île-de-France les uns contre les autres, qu’il s’emporte contre les politiques qui ne le soutiennent pas, contre les cadres de l’établissement qui ne le suivent pas et contre le médiateur qui écoute trop les personnels, tout cela désigne un homme qui n’est plus en mesure de diriger l’établissement.
Le personnel demande qu’il soit rapidement démis de ses fonctions.

Les personnels attendent que, lors de la réunion prévue pour demain, le ministère tienne ses engagements, respecte l’avis de l’expert qu’il a consulté et accepte d’engager enfin une réelle concertation.

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