Communiqués de l’intersyndicale

CNDP : et maintenant les gendarmes !

Communiqué n° 71

CNDP : et maintenant les gendarmes !

À chaque directeur général ses forces de l’ordre.
• Claude Mollard a requis les CRS rue Valette en décembre 2003 : les personnels avaient le tort de demander un protocole d’accord sur la délocalisation du CNDP et un plan d’accompagnement social pour les agents à reclasser.

• Alain Coulon a convoqué les gardes mobiles rue Gabriel-Péri à Montrouge une nuit de mai 2005 : il a fermé le site internet du CNDP et tenté de transférer en catimini la plate-forme informatique d’Île-de-France vers le Haut-Poitou après en avoir saboté l’installation - le site est resté inaccessible trois mois et demi durant ; cette manœuvre n’a pu être déjouée que par la vigilance des personnels qui avaient eu l’outrecuidance de demander au DG le respect de ses engagements écrits.

• Aujourd’hui même, Patrick Dion bunkerise le siège du CNDP à Chasseneuil, toutes portes cadenassées, sous la protection des gendarmes.

Quel assaut fallait-il repousser ? Quels assaillants ? Une quarantaine de collègues du CNDP venus d’Île-de-France jusqu’au siège de leur établissement, afin de rencontrer le Conseil d’administration qui devait tenir séance ce matin et de dialoguer avec ses membres, notamment avec les représentants du ministère de l’Éducation.

L’autisme du ministère

Pourquoi une telle situation ? Depuis quatre ans, le même processus se répète invariablement pour les deux demandes fondamentales des personnels.

• Sous leur pression, l’élaboration du projet d’établissement pour le réseau Scérén a été relancée plusieurs fois. Groupes de travail, préconisations du médiateur nommé par le ministre, rapport de l’experte choisie par le cabinet du ministre, groupes thématiques, rencontres avec la direction générale, CTP, CA - aucune proposition de fond formulée pendant les centaines d’heures de discussion n’a ensuite été prise en compte. Le projet est toujours en panne. Ce processus général s’est reproduit en concentré depuis début novembre : au CA du 7, les administrateurs représentant les personnels ont alerté solennellement les autres membres du Conseil sur l’état de crise du CNDP et du réseau Scérén. En effet, outre les problèmes financiers, les centres de documentation pédagogique sont sans projet collectif depuis fin 2005, sans perspective à moyen terme, de même que la délocalisation du CNDP continue à se faire en l’absence de tout projet qui lui donnerait un sens. Mais aucune réponse, aucune suite n’a été donnée à cette intervention.
Dans le même temps, une réunion demandée par les personnels et accordée par le directeur général sur le thème du pôle éditorial du CNDP a été détournée de son objet par Patrick Dion, qui a énoncé une simple liste de propositions à caractère général pour le Scérén, faisant l’impasse sur le pôle éditorial comme sur la nature et le dimensionnement de l’antenne parisienne. Cette liste occupe le devant de la scène : bien que le DG n’ait pas réussi à faire voter le CTP et le CTPC convoqués dans l’urgence sur ce seul sujet avant-hier, il l’a maintenue à l’ordre du jour du CA convoqué aujourd’hui.

• Le plan d’accompagnement social remis au ministre il y a dix-huit mois n’a toujours pas été validé par ses services. Alors même que des collègues, au fur et à mesure de la délocalisation rampante, ont dû quitter le CNDP sans bénéficier de mesures d’accompagnement.

La fermeture des portes

C’est bien parce que les alertes répétées de leurs représentants n’ont pas été entendues que les personnels franciliens ont délégué une quarantaine d’entre eux ce matin. Déposant une journée de congé, ils ont voyagé huit heures en car entre Paris et Chasseneuil et se sont retrouvés face à un cordon de gendarmes et à des portes hermétiquement closes, leur directeur général et le président de leur CA alléguant des problèmes de sécurité. Barricadés dans le bâtiment, ceux-ci n’ont à aucun moment pris la peine de venir les saluer. Les représentants des personnels au CA se sont employés à négocier une rencontre entre le Conseil et la délégation qui attendait sous la pluie. Résultat d’une négociation faite d’allers et venues, ralentie par le franchissement de portes verrouillées à l’intérieur comme à l’extérieur : il n’a été concédé au personnel que la proposition d’une entrevue avec les seuls président du CA, DG du CNDP et recteur de Poitiers, proposition brusquement annulée par une ultime dérobade.
Les représentants du ministère n’ont pas daigné non plus venir rencontrer nos collègues d’Île-de-France. Ils ont même quitté la salle au moment où un administrateur représentant des personnels s’adressait au Conseil, déclaré ouvert et fermé dans l’instant par le président pour défaut de quorum.

Un Tartuffe de plus ;

Aujourd’hui, toutes les déclarations apitoyées de l’administration sur le sort des personnels d’Île-de-France accumulées depuis quatre ans ne dissimulent plus la réalité du mépris. Depuis sa nomination il y a un an, Patrick Dion ne s’est jamais risqué à rencontrer l’ensemble des personnels franciliens et à lui exposer clairement ses intentions. Aujourd’hui, il a montré son vrai visage.
En fermant les portes du siège du CNDP aux collègues d’Île-de-France, le pouvoir a montré symboliquement son intention d’exclure ces personnels de l’avenir de l’établissement.
Où sont « la concertation, la question des différentes implantations du CNDP » et « la solution satisfaisante pour tous » évoquées comme des évidences par le ministre lors de sa visite à Chasseneuil le 14 septembre dernier ?

Faut-il attendre le prochain cabinet pour enfin trouver un interlocuteur de bonne foi ?

Contacts : intersyndicale@cndp.fr

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