Communiqués de l’intersyndicale

CNDP. Coup de force : un aveu de faiblesse

L’intersyndicale, à sa demande, a rencontré la direction générale ce jeudi matin 6 mars à 9 heures.

Claude Mollard, qui avait fait déposer une note le 28 février au soir au ministère et à l’hôtel Matignon, nous a rendu compte de la réunion qui s’est tenue hier mercredi rue de Grenelle.

Il semble qu’une certaine confusion en résulte, entre effets d’annonce, décisions et hypothèses - excepté le fait que les propositions du directeur général ont été écartées au profit de celles du chargé de mission. À noter que les propositions de M. Durpaire, au cours de la réunion, n’ont été communiquées ni à Bernard Cieutat, le président du conseil d’administration du CNDP, ni à Claude Mollard, ni même à Michel Dellacasagrande, le directeur des affaires financières au ministère. M. Durpaire s’était engagé à transmettre son texte à Claude Mollard hier soir au plus tard, mais n’avait toujours pas honoré sa promesse ce 6 mars après-midi.

« Autoritaire » rime avec « arbitraire »

Il ressortirait en tout cas des déclarations d’Alain Boissinot, le directeur de cabinet de Luc Ferry, que :
- une antenne ouvrirait à Chasseneuil-du-Poitou le 1er septembre, représentant 75 emplois ;
- le transfert total de l’établissement serait achevé en septembre 2005 - seul subsisterait en région parisienne un « pied-à-terre » avec moins de dix personnes.

Bref, c’est une position maximaliste qui a été affirmée, révélant une perte de sang-froid de la « camarilla poitevine » (Luc Ferry, parlant du quatuor Raffarin/Roger/Morin/Durpaire selon Le Canard enchaîné). Ils s’acharnent dans leur ignorance des réalités de l’établissement et leur mépris des personnels et restent sourds à tous les arguments logiques : au-delà de toute raison, ils campent sur leur autoritarisme, ferment toute perspective de concertation digne de ce nom et confortent le caractère de basse politique de ce transfert destructeur.
Pour tenter de casser le front uni des personnels, qui rencontrent l’écho favorable des médias et de nombreux élus, le chargé de mission n’hésite pas à recourir à l’arme de diversion qu’est le poison des rumeurs. D’où qu’ils viennent, nous n’avons pas à nous laisser impressionner par les bruits qui courent : la force de notre engagement à nous et qui nous donne « envie d’agir », c’est la solidarité, l’esprit de responsabilité, ainsi que le sérieux de notre argumentation au vu et au su de tous.

Pas de traces écrites...

De ce point de vue, un fait choque tout un chacun, voire pose de réels problèmes juridiques : depuis décembre dernier, hormis la lettre de mission de Luc Ferry adressée à Jean-Louis Durpaire, on ne peut que constater l’absence déplorable de textes écrits - les paroles s’envolent, les écrits ont le tort de rester… Par exemple, aucune notification officielle de la décision de principe du CIADT n’a été adressée au directeur général du CNDP - il faut se contenter du dossier de presse mis en ligne par le CIADT le 13 décembre, simple document de communication sans valeur administrative ; en outre, depuis janvier, le chargé de mission n’a pas transmis le moindre document écrit de fond à la direction générale du CNDP. Il est même stupéfiant de voir une réunion d’importance comme celle d’hier au ministère se dérouler sans que tous les participants puissent discuter et réagir sur une version écrite du soi-disant « projet » du chargé de mission, même pas communiqué en séance. Tout était donc ficelé d’avance et la consultation menée lors de cette réunion a été de pure forme.

Le combat s’élargit

Or, un tel arbitraire sur le fond comme sur la forme n’est pas réservé au seul CNDP, mais devient la marque de fabrique de ce gouvernement. Ce que nous avons expliqué se vérifie depuis le 28 février : nous avons bien servi de cobayes, par la méthode comme par les intentions, à la néodécentralisation de M. Raffarin.

Aussi ne sommes-nous pas seuls dans notre combat : plus de 100 000 collègues sont eux aussi la proie soudaine d’un transfert - un transfert de l’État aux collectivités territoriales. Les réactions des fédérations syndicales sont à la hauteur de la brutalité du gouvernement, comme vous pouvez le constater dans le document ci-joint.

Enfin, dans le cadre de la bataille pour les emplois qui s’engage en Ile-de-France, dont la vitalité est menacée par les effets de la récession économique qui se font sentir davantage qu’ailleurs (rien qu’à Paris, le chômage est supérieur à la moyenne nationale avec près de 11 % de chômeurs parmi la population active, selon l’INSEE, alors que le département de la Vienne ne compte que 7 % environ de chômeurs), les élus communistes, socialistes et Verts manifestent à notre égard un soutien puissant et répété, notamment à la Mairie de Paris, au Conseil régional d’Ile-de-France, à l’Assemblée nationale, au Sénat.

Forts de tous ces appuis, il est essentiel que nous maintenions intacte notre détermination, exemplaire notre unité, sans faille notre volonté collective de défendre la qualité de notre établissement de service public : le Centre national de documentation pédagogique.

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