Mémos

Brevet Informatique et Internet (B2i)

Encart du BO n°42 du 23/11/2000 et rapport de l’Inspection Générale sur le B2i.

B2I

NOTE [P1]  

 

 

Exemple de charte informatique et internet

(à télécharger ci-dessous)

 

 

Encart BO N°42 du 23/11/2000

Extraits du BO :

"Le brevet informatique et internet comporte deux niveaux de maîtrise des technologies de l'information et de la communication.

Le niveau 1 a pour objet de vérifier l'acquisition de compétences que les élèves peuvent maîtriser à l'issue de l'école primaire. Il concerne donc principalement la scolarité élémentaire. Toutefois, le collège a également pour mission de délivrer le brevet informatique et internet de niveau 1 aux élèves qui ne le détiennent pas encore, notamment durant la période transitoire 2000 à 2002.

Le niveau 2 permet de vérifier l'acquisition des compétences que les élèves doivent maîtriser à l'issue de leur scolarité au collège. Les compétences correspondant à chacun de ces niveaux feront l'objet de réajustements ultérieurs prenant en compte l'évolution des technologies, des pratiques et des contenus d'enseignement."

 

Les modalités de vérification des compétences

 

"À l'école, l'informatique est avant tout un outil au service des apprentissages des diverses disciplines ; cela reste vrai au collège où elle fait en outre l'objet d'un enseignement spécifique. C'est donc dans des contextes variés, où les élèves recourent en fonction de besoins réels à l'usage des technologies de l'information et de la communication, que les enseignants vérifient l'acquisition des compétences spécifiées pour le brevet informatique et internet.   Pour chaque niveau, une fiche de compétences dénommée Feuille de position B2i, présentée en annexe, est régulièrement renseignée par l'élève et validée par les enseignants. Lors de la validation, l'enseignant indique la date, son nom et, au collège, la discipline dans laquelle la compétence est validée. Cette feuille de position suit l'élève jusqu'à l'obtention du brevet informatique et internet et renseigne ainsi sur la progression de ses acquisitions. Sur cette base, chaque année, les équipes pédagogiques de l'école et du collège organisent les activités en tenant compte des besoins individuels jusqu'à ce que l'élève témoigne avec une suffisante stabilité et dans des contextes variés des compétences spécifiées."

 

 

Conditions de délivrance du brevet informatique et internet

 

"Le brevet informatique et internet n'est pas un diplôme mais une attestation délivrée dans les écoles et collèges publics et privés sous contrat selon les modalités définies par le présent texte.

À l'école, le conseil de cycle a compétence pour attribuer le B2i. Au collège, il est attribué par le chef d'établissement, sur proposition de l'équipe pédagogique de l'ensemble des professeurs de la classe.

L'attestation définitive, dont le modèle sera diffusé au cours du premier semestre de l'année 2000-2001, est délivrée par le directeur de l'école, au vu de la décision du conseil de cycle, ou par le principal du collège."

 


 

Rapport de l'Inspection Générale

Extraits du rapport :

 

 

Introduction :

 

"Pour les collèges : les corps d'inspection, essentiellement les IA-IPR (inspecteurs d'académie - inspecteurs pédagogiques régionaux) de toutes les disciplines, mobilisés à cet effet par les recteurs et les correspondants académiques de l'IGEN renseignent, lors de leurs passages dans les collèges, une fiche portant sur la mise en place du brevet dans l'établissement. Deux séries de visites sont prévues : l'une avant la remise du rapport d'étape, l'autre avant la fin de l'année scolaire. Ce dispositif d'enquête a été élaboré pour marquer clairement l'implication de toutes les disciplines dans la mise en oeuvre du B2i au collège ; plus d'une centaine de collèges ont été visités, très majoritairement par des IA-IPR, et sans exclusive de discipline"

 

Dispositif d'information et d'incitation :

 

"La circulaire de préparation de la rentrée dans les collèges (BOEN N° 24 du 14 06 2001) consacre un paragraphe au brevet informatique et internet, en insistant sur le fait que les professeurs de toutes les disciplines sont concernées et qu'il convient que les principaux "mobilisent les équipes pédagogiques".

 

Production de documents pédagogiques :

 

"Il convient en outre de remarquer que l'intérêt suscité chez les enseignants par le B2i a entraîné et va entraîner l'apparition sur le marché de plusieurs produits commerciaux destinés à aider les professeurs et les élèves pour ce brevet. Il s'agit d'un indice positif, mais porteur de dérives. La production d'outils pédagogiques diversifiés visant à contribuer au travail des enseignants est a priori utile, mais, pour ce qui concerne le B2i, il faut rappeler fortement que l'expression B2i appartient au ministère de l'éducation nationale et ne peut être utilisée sans son accord. Tant dans les collèges que dans les écoles, on observe des amorces de dérives, où l'on organise une "préparation" au B2i et un "examen" du B2i, au cours duquel les compétences sont validées indépendamment d'une utilisation effective des TIC dans l'enseignement des divers champs disciplinaires. On doit veiller à ce que les documents produits, tant par l'institution que par le secteur privé, ne contribuent pas à alimenter la dérive. consistant à transformer le B2i en un examen terminal. Le fait que le ministère ait, seul, à sa disposition, l'utilisation de l'expression B2i constitue à cet effet un puissant levier."

 


Observations faites dans les collèges et les écoles :

 

"En février - mars la réflexion restait limitée au personnel de direction et à un petit nombre d'enseignants dont, toujours, les professeurs de technologie. Ils étaient parfois les seuls. Pour des raisons de calendrier les parents étaient rarement déjà informés. Fin juin, le sujet a été présenté au conseil d'administration, des groupes d'enseignants se sont constitués et ont travaillé sur l'organisation des validations. De nombreuses interrogations sont formulées, ce qui traduit à la fois le sérieux de la réflexion et la perplexité devant cet " d'objet pédagogique " d'une nature inhabituelle qui consiste à valider des compétences acquises en dehors de programmes spécifiques, et sans s'appuyer sur des épreuves, des contrôles ou des examens."

"La validation du B2i niveau 1 est une première étape envisagée par les collèges ;

 

toutefois ils déclarent à 70 % qu'aucun élève du collège n'aura cette attestation cette année (il pourra y avoir une partie des compétences validées) ; dans 20 % des collèges quelques élèves auront l'attestation cette année ; dans 10 % des collèges tous les élèves de sixième auront l'attestation, délivrée sous la responsabilité du professeur de technologie."

"La validation du B2i niveau 2 est déclarée impossible cette année dans 80 % des collèges et possible pour quelques élèves de troisième (classes à projet, classe à option technologique) dans 20 % des collèges."

"De nombreux facteurs, traités plus en détail dans la suite de ce chapitre, contribuent à expliquer les difficultés rencontrées. Les plus déterminants semblent être :

 


·         le statut du B2i : cette nouveauté institutionnelle soulève des interrogations ; est-elle effet de mode ou disposition pérenne ? Quel est son positionnement par rapport aux missions déjà confiées au collège ? Quel sera son lien avec le nouveau " brevet d'études fondamentales " ? Quelle est l'utilité pour l'élève de posséder cette attestation ? Y a-t-il une suite ? Les objectifs doivent être réaffirmés avec force et ré expliqués.

·         l'impréparation psychologique et technique du corps enseignant : la validation du B2i représente une nouvelle tâche pour les professeurs des disciplines générales ; beaucoup se sentent, de plus, dans l'incapacité d'évaluer des compétences qu'eux-mêmes ne maîtrisent que partiellement. Il est indispensable de les convaincre et de les former.

·         le partage des responsabilités : la validation du B2i concerne a priori tous les membres de l'équipe éducative d'une même classe et, d'une année à l'autre, des divers niveaux ; cela fait apparaître des besoins d'organisation interne, de coordination et de suivi. La mise en œuvre nécessite un accompagnement méthodologique et des outils opérationnels."

 

 

Les équipements :

 

"On ne considère ici que les matériels utilisables par les élèves.

 

Dans tous les collèges visités la disponibilité d'un nombre suffisant d'ordinateurs récents et accédant à internet est citée comme élément propre à faciliter la mise en oeuvre du B2i. Les inspecteurs visiteurs ne font cependant pas de l'équipement actuel un frein véritable. De fait 95 % des collèges disposent à la fois d'une salle multimédia et de salles équipées dédiées à la technologie, les autres n'ayant que l'une de ces deux catégories ; tous ont   des CDI équipés ; 90 % ont au moins un accès à internet pour les élèves (et il peut s'agir de toutes les machines d'une salle en réseau) ; 60 % disposent de matériel transportable (chariot multimédia ou ordinateur portable et vidéo projecteur) ; 70 % ont des ordinateurs installés dans des salles spécialisées (sciences, mathématiques, langues, arts plastiques, éducation musicale)."

 

 

La maintenance - l'information - la coordination :

 

"Que ce soit pour assurer un bon fonctionnement des matériels et des réseaux ou pour impulser différentes actions intégrant les TIC dans l'établissement, la présence de personnes ressources est toujours déterminante. Par exemple, la crainte d'une panne ou d'un incident technique est indiquée comme l'un des freins majeurs à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans les disciplines. La présence d'une personne ressource disponible lève ces réserves. Dans presque tous les collèges ces personnes peuvent être trouvées : anciens "formés lourds", professeurs de technologie, enseignants autodidactes ou ayant suivi des stages académiques, documentaliste parfois, voire principal ou principal adjoint. Des aides éducateurs renforcent, le cas échéant, le potentiel local de compétences."

"Le temps consacré aux activités de maintenance, d'organisation et d'animation excède, dans les déclarations, six heures hebdomadaires, en moyenne. La reconnaissance institutionnelle (sous forme de décharge de service ou d'heures supplémentaires annuelles) est nulle dans 30 % des collèges, de 1 ou 2 heures dans 40 % des collèges, comprise entre 3 et 6 heures dans 20 % des collèges. Les autres cas, exceptionnels, correspondent à la présence d'enseignants en sous service, ou en surnombre (réadaptation par exemple). Il est clair que les énergies s'érodent peu à peu."

"La réflexion interne sur la faisabilité, dans le collège, du B2i est le fait de l'équipe de direction, des personnes ressources et des enseignants de technologie. Un "comité des TICE" constitué dans un collège s'est vu confier les tâches d'information et d'organisation. Comme pour toute opération nécessitant l'intervention de plusieurs professeurs, des temps de concertation sont indispensables. Il conviendra désormais de suggérer aux principaux de collège de consacrer du temps à l'organisation du B2i durant la pré rentrée. Cela peut concerner un groupe ad hoc, ou toutes les équipes pédagogiques de sixième, en relation avec les écoles du secteur, et les équipes de troisième."

 

Les pratiques pédagogiques :

 

"Il était demandé dans l'enquête d'évaluer combien d'heures un élève de troisième utilise l'informatique au cours de l'année, et de dire si, dans les classes antérieures, les élèves y ont souvent recours. D'un collège à l'autre, mais aussi d'une classe à l'autre de troisième du même collège (classes à projet, classes technologiques) les volumes horaires varient. Ils restent toutefois très en deçà de ce que les taux d'équipement laissent espérer.

La technologie est le plus gros contributeur, avec 20 à 30 heures par an. Elle est parfois la seule 35 % des collèges). On cite ensuite les mathématiques, les sciences, les langues, l'éducation artistique et le CDI, mais pour des séquences ponctuelles de 2 à 3 heures par an (40 %). Dans 25 % des collèges seulement on trouve un usage régulier de 1 à 2 heures hebdomadaires dans des disciplines autres que la technologie. On comprend ainsi que l'essentiel de la validation du B2i repose actuellement sur cette discipline.

Les usages purement disciplinaires sont encore rares en classe de troisième, mais on perçoit nettement l'intégration des TICE dans d'autres activités : parcours diversifiés de cinquième, travaux croisés de quatrième. Les élèves effectuent des recherches documentaires, communiquent et produisent (textes, images, journaux, expositions, sites). Les futurs "itinéraires de découverte" devraient permettre la poursuite de ces pratiques.

La différence est sensible entre les usages intégrés aux enseignements des disciplines, relativement faibles - les enseignants disent ne pas avoir le temps, ne pas connaître de logiciels adaptés ou les connaître mais ne pas savoir quoi en faire -, et les usages dans des contextes de projets ou de travaux de groupes qui nécessitent recherche documentaire et production. Intégrer des démarches de recherche documentaire et de production de courts exposés dans l'enseignement des diverses disciplines semble de ce fait une piste prometteuse."

 

Le B2i et sa validation :

aspects techniques et matériels de la validation :

 

"Une confusion semble s'instaurer entre les principes de validation du B2i et ceux du " brevet de sécurité routière (BSR) " ou du brevet de collèges. Dans ces deux derniers cas, il suffit que l'élève ait obtenu un certain pourcentage de réussite pour être titulaire du brevet. Pour le B2i il doit avoir vu valider tous les items. La règle doit être fermement et rapidement rappelée."

"Une confusion s'installe également sur les modalités de délivrance. Dans un souci de faire vite et bien, certains collèges organisent un examen de passation du B2i. Cette pratique n'est conforme ni à la lettre ni à l'esprit du texte, mais elle présente un rapport qualité/prix remarquable. Il ne faut pas laisser s'installer une telle forme d'évaluation."

"Certains collèges commencent à construire des batteries de tests permettant à l'élève de s'auto-évaluer avant de demander la validation par les professeurs. La marge est étroite entre cette auto-évaluation en amont et un test ou examen de qualification donnant ensuite le B2i."

La nécessité d'une coordination entre les professeurs d'une même classe apparaît clairement, mais avec elle des interrogations sur la manière de l'organiser : faut-il en confier la responsabilité au professeur principal ou au professeur de technologie ? Faut-il la placer sur le temps des heures de vie de classe, durant la pré rentrée, sur des heures de concertation spécifiques ? Cette dernière revendication est plusieurs fois exprimée par les enseignants rencontrés lors de l'enquête, cela ne saurait surprendre.

Dans un registre bien différent, mais toujours lié à la validation, on voit également apparaître l'inquiétude des principaux de collèges : ceux-ci perçoivent comme une contrainte supplémentaire dans la constitution des équipes pédagogiques et les répartitions de service, la nécessité de prévoir, dans chaque classe de troisième, un petit nombre d'enseignants compétents pour valider le B2i. Ils pressentent également la pression qui pourrait venir des parents à l'encontre de professeurs qui refuseraient de s'engager dans la validation.

 

La validation de l'ensemble :

 

"En collège, un nombre important d'enseignants peuvent intervenir dans la validation du B2i d'un élève. Les professeurs de technologie pointent une forte ambiguïté de leur situation : de nombreux items relèvent de points de leurs programmes, et ils les évaluent déjà, mais sous des formes différentes.

Il leur faut donc à la fois articuler leurs pratiques actuelles avec la validation du B2i, et déléguer à d'autres enseignants la validation de certains items.

Ils souhaitent, mais aussi redoutent ce partage ; dans le même temps, certains de leurs collègues se satisfont rapidement de leur déléguer la responsabilité entière de la validation. Se posent donc des questions de répartition des responsabilités et de cohérence. Peut-on envisager de répartir a priori, entre professeurs de la classe, les items que chacun se propose de valider ? Comment faire si certains items ne relèvent de personne ? Comment harmoniser les niveaux d'exigence entre enseignants d'une même classe, de classes de même niveau ? Qui va assurer le suivi, le respect des calendriers, des répartitions ?


Sommaire

 


 

  [1] Le B2I concerne la validation de compétences définies, par tous les enseignants , au cours de travaux effectués dans leur discipline. Le professeur de technologie y contribue, comme les autres, au détour des activités pédagogiques nécessaires de sa discipline.

A.D

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