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Un film de Alain Tixier (France)

"Bonobos" Sortie en salles le 30 mars 2011

On ne trouve plus le Bonobo, classé dans la catégorie des Grands singes, qu’en République Démocratique du Congo, dans une zone marécageuse, au sud du fleuve Congo. Cette forêt, en partie classée au patrimoine de l’UNESCO, qui abrite une biodiversité importante avec des espèces de faune et de flore rares, longtemps restée inaccessible, est victime depuis des années d’une politique de déforestation. Elle est de plus en plus ouverte au braconnage.
Le Bonobo, chassé pour le trafic de la viande de brousse, voit son espèce disparaître insensiblement. On en comptait environ 100 000 en 1980, 15 000 en 1995. Ils ne sont plus que 10 000 aujourd’hui.
Lorsqu’une mère Bonobo est abattue par les braconniers, où prise à un piège, le petit qui l’accompagne est capturé et revendu sur les marchés de Kinshasa, comme animal de compagnie. Ce sont ceux-là, entre autres, que Claudine André, une française souvent comparée à Diane Fossey, récupère pour les soigner, les élever dans un abri qu’elle a créé à leur intention. Le "Lola ya Bonobo" est une sorte de sanctuaire où elle les prépare à retrouver un jour la brousse, leur élément naturel.

Alain Texier a, à partir de la mission que s’est fixée Claudine André, imaginé l’histoire du bébé Bonobo Beni, récupéré par des braconniers et revendu au propriétaire d’un boui-boui de Kinshasa.
Claudine André le récupère et l’amène dans la réserve où il rejoint une communauté animale joyeuse constituée d’espiègles, de farceurs facétieux mais aussi de personnalités solitaires ou réservées toujours attachantes.
Ce qui jusque là était une fiction, devient un documentaire, témoin à la fois d’un postulat généreux et de la vie au quotidien de ces animaux.
Mais il arrive un moment où on atteint les limites du récit animalier si généreux, si nécessaire, si militant soit-il. Il était sans doute indispensable de passer par la fiction pour échapper au documentaire brut qui n’aurait débouché que sur un film animalier de plus.
Or, la fiction appelle fatalement un dialogue, un commentaire. Il n’y avait peut-être pas d’autre moyen possible, peut-être par souci d’honnêteté, que de restituer un langage, sans doute plausible dans le contexte, mais qui, à l’écran, perd de sa générosité pour sombrer dans la mièvrerie. La voix off féminine assurée par Sandrine Bonnaire peut encore passer mais le texte explicatif et redondant dit par Emmanuel Curtil, sensé restituer les pensées du jeune singe, ponctué de "maman Claudine", est insupportable de même que devient vite insupportable une musique tonitruante.
Ces défauts sont-il le passage obligé pour intéresser un public tous âges déjà saturé de films animaliers à la télévision ?
On aperçoit d’instants en instants, quand la sobriété s’invite dans ce récit, quand la musique se fait moins présente, quand le texte se tait, ce qui aurait mieux convenu au sujet et à l’hommage à rendre à ces hommes et femmes qui consacrent leur vie à sauver des espèces menacées…
Francis Dubois

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