Programmes au collège (2009-2012)

Bilan de l’enquête du groupe sur la refonte programmes d’Histoire-Géo au collège Pistes de réflexion pour les nouveaux programmes du collège soumis à consultation au printemps 2008 et mis en oeuvre à partir de la rentrée 2009.

A l’automne 2007, le groupe Histoire-Géo. a organisé des stages académiques et nationaux qui réunirent une centaine de collègues au total. Ils donnèrent notamment lieu à des échanges à la fois passionnés et constructifs sur les programmes du collège.
A ces occasions, nous avons distribué un questionnaire afin de mieux cibler les avis et les priorités des collègues concernant les contenus mais aussi les démarches concernant notre discipline. En voici les grandes lignes.
Synthèse par Franck Thénard-Duviver, groupe Histoire-Géo.

Démarches et outils

1. Concernant le « socle commun » et particulièrement le pilier 5 sur la culture humaniste, les avis sont sans appel : à plus des deux tiers « inquiétant » ou « inacceptable ».

2. Les repères chronologiques et spatiaux recueillent des avis plus partagés : le principe semble « intéressant » pour la moitié des réponses, mais leur nombre ou le choix des repères est davantage remis en question, jugés « inutile » ou « inquiétant ».

3. Comme on pouvait s’y attendre, les collègues (à une exception près) souhaiteraient recentrer l’enseignement sur les sources historiques et non sur les « documents patrimoniaux » comme dans les programmes actuels.

4. Concernant la présentation de la grille des programmes, l’ajout d’une colonne sur les « capacités » comme support pour l’évaluation (dans le cadre des livrets de compétences) est jugée inquiétante ou inacceptable dans la grande majorité des réponses.

5. La proposition de répartir le volume horaire annuel d’enseignement sous forme de pourcentage (ex. 40% pour le chapitre sur le Grèce en 6e) suscite des avis très partagés de l’intérêt au refus, mais la méfiance est prépondérance.

6. Le développement des études de cas (notamment sous forme facultative) serait particulièrement bien perçu en géographie et en éducation civique (3/4 des réponses), mais aussi en histoire (plus de la moitié).

7. De la même manière les collègues sont très favorables à la multiplication des « entrées possibles » et autres études au choix (3/4 des réponses). Signe que la liberté pédagogique passe aussi par une plus grande liberté de choix dans certains contenus des programmes et pas seulement dans leur mise en œuvre pédagogique.

Contenus

8. L’idée d’ouvrir les programmes sur d’« autres mondes » est bien accueillie mais la plupart des collègues ne se prononce pas sur les choix à effectuer… Signe que la nouveauté suscite des interrogations ou une certaine indifférence ?

9. La question de l’étude du « fait religieux » et notamment des trois monothéismes en classe de 6e suscite de nombreuses réactions, parmi lesquelles l’idée qu’il ne faut surtout pas dissocier l’étude des religions de celle des civilisations ou encore celle d’ouvrir l’étude aux religions polythéistes. L’intérêt d’étudier la civilisation arabo-musulmane en 5e est réaffirmé, surtout en la liant à l’étude du Maghreb en géographie.

10. L’« enseignement des arts » est majoritairement perçu sous la forme d’« entrées possibles » (au choix) et dans le cadre de l’étude historique, voire comme source historique à part entière. On insiste sur la nécessité de « ne pas empiéter sur le domaine des collègues d’enseignement artistique ».

11-12-13. Le projet de nouveaux programmes de géographie n’apparaît globalement pas cohérent et il ne paraît pas renouveler l’enseignement de la géographie. En outre, certains thèmes devraient mieux s’imbriquer avec l’histoire : la mondialisation, l’Europe, le monde actuel…

14-15. Certains thèmes semblent « oubliés » dans les programmes : particulièrement les mondes extra-européens, les femmes, les pauvres et les exploités. Des champs devraient être mieux représentés, principalement l’histoire sociale et culturelle, la géographie humaine et culturelle.

16-17. A la question « que faut-il ajouter », les idées ne manquent pas et sont précises : l’histoire de la colonisation/décolonisation, l’Asie, l’Amérique précolombienne ou latine… Par contre, quand il s’agit de « retirer », les réponses se font plus vagues, mais les questions de géographie économique ou les thèmes trop francocentrés ou européanocentrés recueillent la plupart des suffrages.

Autres articles de la rubrique Programmes au collège (2009-2012)