US Magazine 720 du 26 avril 2012

Baccalauréat : session sous tension

Les écrits du baccalauréat commencent le
18 juin, la session s’achève le 11 juillet, et
les convocations pour les jurys commencent
à arriver dans les établissements. Le SNES
continue de dénoncer les contraintes inhérentes
à une organisation prévue sur à peine
plus de trois semaines. Dans ce contexte tendu,
nous faisons ici le point sur les textes de
cadrage parus récemment.

Au BO n° 15 du 12 avril 2012, la circulaire
2012-059 décrit et encadre l’organisation des
épreuves, depuis les règles d’élaboration des
sujets jusqu’à l’organisation matérielle de
leur déroulement dans les centres d’examen.
Si ce texte ne pose pas en soi de problème, il
est accompagné d’une « charte de déontologie
 » qui, elle, est contestable : on y sent la
pression forte que vont subir les agents cette
année. Se voulant une réponse aux dysfonctionnements
de la session 2011, elle est adressée
aux personnels concepteurs de sujets ou
membres de jury, et fait planer une ambiance
de suspicion d’autant plus détestable qu’ils ne
sont en rien responsables des problèmes relevés
l’an passé (fuites chez des prestataires
extérieurs, triche des candidats). N’ayant
aucun caractère juridique plus contraignant
que les obligations réglementaires des fonctionnaires,
cette charte est avant tout une opération de communication. Il peut être
demandé aux enseignants d’attester en avoir
pris connaissance, mais pas de la signer.

Procédure disciplinaire

Au JORF du 5 mai est paru le décret
n° 2012-640 réformant la procédure disciplinaire
applicable aux candidats du baccalauréat.
À partir de la session 2012, les
« auteurs ou complices d’une fraude ou d’une
tentative de fraude » ne relèvent plus de la
commission disciplinaire des universités,
mais d’une commission académique. Le
SNES a dénoncé une tentative de remise en
cause du statut du bac comme premier grade
universitaire, d’autant qu’aucun bilan n’a
été fait des prétendus dysfonctionnements
de la session 2011 dont le ministère se prévaut
pour qualifier la procédure universitaire
de trop longue et de mauvaise qualité.
Au terme de débats animés, le ministère a
cédé sur l’entrée dans la commission d’un
étudiant et d’un lycéen élus au CA de l’université
et au CAVL, le vote à bulletins
secrets, et a donné aux rectorats un délai de
deux mois après la fin de la session pour
statuer sur tous les cas, mais a refusé la mise
en place d’une procédure de recours autre que
le tribunal administratif.

Les problèmes cruciaux sont ailleurs et n’ont
pas été réglés : difficultés liées aux délais
très courts de correction alors que le vivier de
correcteurs diminue avec les suppressions
de postes (en particulier en histoire-géographie
du fait de la juxtaposition cette année des
épreuves en Première et Terminale S),
absences de mesures pratiques pour lutter
contre la triche, etc.

Le SNES continuera à défendre une autre
organisation du bac et en particulier pour la
session 2013.

Romain Gény, Valérie Sipahimalani
lycees@snes.edu

Autres articles de la rubrique US Magazine 720 du 26 avril 2012