Session 2013

Bac 2013 : urgences !

La session 2013 du baccalauréat se prépare laborieusement : les consignes concernant les nouvelles épreuves sont vagues, parfois fluctuantes. Le SNES a alerté le ministère depuis des mois. Il demande des précisions de toute urgence.

Organisation, rémunération

Délais de correction des copies
On constate chaque année que la date de fin de correction (date de saisie des notes ou de restitution des copies selon les académies) varie d’une académie à une autre, laissant aux correcteurs un délai variable (soit environ 2 jours en moins pour les moins chanceux). Le ministère doit donner consigne aux rectorats d’allonger au maximum le délai, en particulier en philosophie.

Convocations
Les règles les plus évidentes semblent se déliter partout sur le territoire. Des collègues sont convoqués sur leur bassin, voire sur leur établissement, des convocations sont très tardives et posent des problèmes d’organisation pour les collègues. L’organisation des remplacements, cadrée jusqu’ici, passe parfois par l’intermédiaire du chef de centre, qui recrute dans son lycée pour les candidats de son lycée. Dans certaines académies, les convocations sont "au plus juste", et imposent du "flux tendu" en cas d’absence d’un examinateur (maladie, transport, etc.)
Il faut revenir au respect de règles simples, qui ont toujours fonctionné correctement.

Rémunération
De plus en plus d’épreuves semblent s’organiser sans que la rémunération des examinateurs soit prévue : ECE, LV, EAF, activités interdisciplinaires en ST2S mais aussi histoire des arts...
Le SNES demande que les épreuves orales anticipées (EAF) ou du premier groupe (HG en TS, ISN, DGEMC, LV en TL etc.) soient rémunérées sur la base de la durée de convocation indiquée sur l’ordre de mission.
Par ailleurs, le ministère doit donner consigne aux DEC et SIEC de raccourcir le délai des remboursements de frais (pour le bac mais aussi pour les BTS).

EAF
La date de remise des descriptifs est trop précoce dans certaines académies, ce qui gêne la fin des cours. Il faut un cadrage national, avec envoi des descriptifs deux jours avant la réunion des examinateurs.

Nature et contenu des épreuves

Littérature en TL
Des interrogations sur le descriptif de l’épreuve tel qu’apparaissant au BO : « Le sujet peut s’appuyer sur un texte littéraire ou critique, ou un document iconographique, pour engager la réflexion des candidats. »
En effet, l’épreuve est d’une durée de 2h et comporte deux questions (deux petites dissertations). C’est une épreuve difficile pour les élèves car il faut aller très vite pour organiser sa réflexion puis rédiger. Il parait donc difficile de demander en préalable aux candidats de lire un texte et de voir en quoi il peut alimenter la réflexion.

Géographie
Il faut donner une liste des croquis pouvant donner lieu à un sujet pour la deuxième partie de l’épreuve (dite "épreuve courte"), en en réduisant le nombre. Actuellement les élèves doivent connaître 15 croquis et schémas, sans possibilité de choix lors de l’épreuve, ce qui est trop lourd.
Une information circule sans qu’elle ait été validée par l’IG : il n’y aurait pas de schéma en deuxième partie de l’épreuve, et ceux ci ne peuvent donc qu’être faits par les élèves au sein de la composition de géographie. L’IG doit confirmer ou infirmer très vite.
Enfin, des circulaires d’IPR précisent les modalités de l’oral pour l’option facultative en TS, mais on ne voit pas d’écrit officiel émanant de l’IG.

Histoire
Il y a beaucoup d’inquiétudes sur certains chapitres. Par exemple, si une étude de documents tombe sur une des "crises politiques" (chapitre "média, opinion et crises politiques en France depuis l’Affaire Dreyfus"), comment feront les élèves si un document se réfère à une crise non étudiée par leur professeur, sachant qu’aucune des crises n’est présentée comme incontournable ?
De façon générale, vue l’ampleur des questions et des connaissances qu’elles exigent, il faut une liste des questions qui ne donneraient pas lieu à un sujet au bac, comme cela s’est déjà fait dans le passé.

Mathématiques
Le programme de spécialité mathématiques en TS a été écrit par le groupe d’experts avec l’objectif d’une évaluation de type dossier/ entretien. Il n’est pas formaté pour une évaluation terminale. Il y a beaucoup d’ouvertures (intéressantes par ailleurs) mais le niveau d’approfondissement des connaissances en jeu n’est pas défini, ce que confirme la lecture qu’en font les manuels avec des interprétations très différentes.
Les attendus pour le baccalauréat ne sont donc pas clarifiés, et la même question se pose pour la spécialité mathématiques en SES.
De façon plus générale, la mise en oeuvre des programmes de mathématiques dans les classes de terminale S montre que sous prétexte d’adaptation au local il y a plus que jamais de très grands écarts dans les objectifs de formation selon les établissements voire selon les classes d’un même établissement : cela va d’un enseignement réduit à l’apprentissage de quelques procédures à un enseignement très conceptuel préparant aux études supérieures et allant bien au delà des capacités attendues.

SVT
Pour l’ECE, un document de cadrage écrit officiel est en cours de diffusion par les DEC, mais c’est tardif.
Les épreuves écrites souffrent d’un cadrage flou, notamment pour les attendus de la question 2.2 et les nouveaux barèmes curseurs transmis, ou pas, par les IPR, avec des interprétations divergentes.
Il faut donc un cadrage écrit et officiel par voie hiérarchique de l’usage des barèmes curseurs (tous les collègues ne sont pas au courant). De même pour les attendus de la question 2.2 : les candidats exploitant document par document avant d’effectuer la synthèse seront-ils pénalisés ? La contextualisation, qui apparait dans les sujets zéros mais pas dans la note de service, est-elle d’actualité ? Elle n’a pas été travaillé par les collègues.
Voir ici

Sciences physiques et chimiques
Pour l’ECE comme pour le commentaire argumenté, il faut un cadrage écrit.

Langues vivantes
Le SNES a déjà rencontré le ministère à plusieurs reprises sur ce dossier, et redemandera une audience tant les difficultés sont nombreuses et profondes.

SES
Les élèves ont été préparés à la nouvelle "épreuve composée" sans avoir de consignes claires sur les attentes de l’exercice : longueur des réponses ? Précision des contenus ? Structure de la partie 3 ? Les sujets « zéro » n’ont pas donné lieu à des corrigés « types » et l’IG a renvoyé l’explicitation... aux commissions d’harmonisation : donc les enseignants ne sauront qu’après les épreuves quelles étaient les règles à enseigner aux élèves.
La génération « bac 2013 » va donc devoir ingurgiter un programme maintenant reconnu comme trop lourd, en étant dans le flou quant aux attentes des exercices du bac.
Il faut un cadrage précis sur les attentes de l’épreuve composée, et nous demandons qu’une réflexion soit lancée à la rentrée 2013 sur les nouvelles épreuves, dans l’esprit du processus qui a mené aux allègements.

Voie technologique
Pour l’épreuve de projet (STI2D, STL, STD2A), il faut un bilan académique des CCF et des réunions d’harmonisation académiques - voire inter-académiques en STD2A par exemple. Il faut en outre simplifier la fiche nationale de notation.
Pour l’épreuve d’enseignement technologique transversal, comme pour la physique-chimie, des consignes claires doivent être données aux élèves et professeurs ainsi qu’aux correcteurs, au delà d’un simple barème de l’épreuve.
Pour les CCF (LV, Enseignement technologique en LV1 ; Projet), le statut des convocations des examinateurs doit être clarifié, tout comme celui des convocations des élèves, et la rémunération des examinateurs doit être prévue. Il faut supprimer la grille d’évaluation en 47 critères et la remplacer par une grille autour des 6 à 7 compétences globales.

Dernière minute : conformité des sujets aux consignes.

Les 1ers sujets de la session 2013, proposés à Pondichéry, réservent quelques surprises.
En SVT d’abord : la partie 1 de l’épreuve est en contradiction avec les consignes formelles publiées au BO. Ces consignes indiquent que l’exercice prendra la forme d’une question de synthèse et/ou d’un QCM, et l’exercice proposé à Pondichéry demande de construire un tableau. De même la partie 2.2 propose un QCM, ce qui n’est aps conforme au cadrage.
En SES, ensuite : la dissertation propose un sujet « débat » introduit par un « dans quelle mesure... ». En soi, c’est une bonne chose, nous avons toujours contesté le rejet du débat qui transparaissait dans le cadrage du BO, et le sujet est en prise avec l’actualité. Sauf que depuis deux ans, certains IPR expliquent aux collègues qu’il n’y aura plus de sujet-débat... Là encore, les collègues se retrouvent face à des sujets qui ne correspondent pas aux consignes données.

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