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B2I le SNES reste critique B2i : une mascarade de plus !

En rendant obligatoire le B2i pour l’obtention du DNB à pour la session 2008, le ministère a voulu passer en force...

En rendant obligatoire le B2i pour l’obtention du DNB à pour la session 2008, le ministère a voulu passer en force alors que élèves de 3e et enseignants n’étaient pas prêts. Si nul ne remet en question la nécessité d’une formation des élèves aux TICE, le livret de compétence « B2i » n’a jamais trouvé écho chez les enseignants : évaluation de compétences rarement travaillées dans des programmes disciplinaires, d’où un travail transversal artificiel, lourdeur du relevé des validations, …

En imposant la validation du B2i dès la session 2008 (comme celle du niveau A2 en LV), l’arrêté de juin 2007 marque une première étape, à marche forcée, de validation du socle commun alors que les enseignants sont loin d’avoir intégré les TICE dans leurs pratiques pédagogiques, ce que reconnaît implicitement la circulaire de janvier 2008 puisque c’est le jury qui tranchera en dernier ressort ! Face à la précipitation ministérielle,
et aux circulaires rectorales contradictoires quant à la proportion des items à valider, personnels et élèves ne s’y retrouvent plus !

A un mois du brevet, le constat est alarmant : on assiste à une « course à la croix » à l’image de ce qui se produit dans les IUFM pour le C2i, et ce au détriment de toute finalité pédagogique ! Le B2i est devenu une machine administrative !

Alors que le DNB est redevenu un diplôme national, le B2i fait apparaître des inégalités criantes, en ce qui concerne déjà l’état du parc informatique et les conditions de sa maintenance. Et certains élèves, plus favorisés, développent des compétences informatiques en dehors du
collège !

Pour les enseignants qui ne maîtrisent pas tous les TICE, loin s’en faut, les intégrer dans leurs pratiques pédagogiques ne va pas forcément de soi, surtout dans un contexte où programmes et directives évoluent sans cesse. Dans de nombreux endroits, les chefs d’établissements se sont donc surtout tournés vers les enseignants de technologie et les enseignants documentalistes pour leur imposer la validation des items (non sans avoir parfois essayé de l’imposer à d’autres collègues) ! Ce qui est pour le moins paradoxal : les nouveaux programmes de technologie ont tardé à voir le jour après des années d’hésitation du côté du ministère, et les enseignants documentalistes sont de moins en moins appelés à des tâches d’enseignement, l’information-documentation se retrouvant presque totalement dans les propositions de programme en technologie !

Mais on assiste aussi dans certains établissements à des « cours B2i », ou à des contrôles B2i ! On peut d’ailleurs se demander comment certains items peuvent être valablement validés (par exemple ceux concernant la « citoyenneté »).

A l’opposé, certaines équipes pédagogiques, face à l’impossibilité de valider consciencieusement les items, ont décidé de « donner » le B2i à tous les élèves afin de n’en pénaliser aucun !

Et, quand ça « marche » à peu près, on a parfois de curieuses surprises : ainsi cet établissement, où un professeur principal a fait travailler ses élèves sur la charte Internet et la citoyenneté, et a découvert avec stupéfaction qu’un blog écrit par des élèves de la classe existait depuis octobre dernier et contenait des photos (parfois prises en classe !) des enseignants (sans parler de certains propos tenus) ! Les enseignants devront-ils alors « dévalider » les items acquis par ces élèves ?

On touche là à l’absurde !

Le ministère doit revoir sa copie « B2i »
et remettre à plat tout ce qui concerne les TICE en y associant les syndicats représentatifs de la profession, et ne pas se contenter de commissions issues du Medef comme E-educ. En attendant, et dans l’intérêt des élèves, il devrait surtout adopter un moratoire sur la validation du B2i afin de mettre fin à cette mascarade.

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