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Auteurs contemporains méconnus à découvrir

A voir au Théâtre de la Commune-Centre dramatique national d’Aubervilliers (2, rue Edouard Poisson 93304 Aubervilliers. 01 48 33 16 16 - www.theatredelacommune.com)
-> LA VERSION DE BROWNING
de Terence Rattigan
Adaptation et mise en scène de Didier Bezace (dont nous avons publié un grand entretien dans l’US-MAG de mars 2004, en pages 30-31)

L’AUTEUR : On a dit de Terence Rattigan qu’il était le Tchekov anglais. C’est en tous cas un auteur prolifique. Il excelle dans les comédies légères mais aborde aussi des sujets graves qui annoncent une plus grande modernité.
En 1950, il rejette publiquement le théâtre des idées, ce qui déclenche un tollé chez les dramaturges de l’époque comme Christopher Fry, Bernard Shaw ou O’Casey mais son rejet d’un théâtre intellectuel porte en fait beaucoup plus sur le style que sur le contenu.
Après une longue éclipse, il voit ses textes triompher mais c’est surtout après sa mort en 1977 que de nombreux metteurs en scène s’emparent de ses pièces.

LA PIECE : Au sud de l’Angleterre, à la fin des années 4O, un soir d’été, juste avant les grandes vacances, le jeune Taplov attend son professeur.
De ce cours particulier dépendra son passage dans la classe supérieure et cette fin de journée va se révéler éprouvante pour Andrew Crocker-Harris, le professeur.

Jusqu’au 19 février dans la petite salle, du mardi au samedi à 20h30 le dimanche à 16 heures.

- > DEHORS DEVANT LA PORTE
de Wolfgang Borchert
Mise en scène de Laurent Hatat

L’auteur Wolfgang Borchert : Né à Hambourg en 1921, il est encore lycéen quand il publie ses premiers poèmes jugés subversifs ce qui lui vaut d’être arrêté par la gestapo en 1940 ;
Il écrit « Dehors devant la porte » en quelques jours en 1946. La pièce est jouée pour la première fois en 1947 à la radio allemande. Elle est représentée quelques mois plus tard au théâtre à Hambourg. Traduite en plusieurs langues, la pièce a été montée par toutes les compagnies importantes en Allemagne. Elle a fait l’objet d’une mise en scène cinématographique sous le titre « Liebe 47 »

La pièce : Un homme revient de la guerre. Il s’interroge sur la paix : et si elle était une continuation de la guerre avec simplement d’autres moyens ? Ne plus mourir, certes, mais pour vivre quoi et comment ?
Borchert fait feu de tout bois. Il passe de l’allégorie décalée « à la Goethe » au vérisme acerbe « à la Bôll » en faisant planer constamment ce croustillant lyrisme railleur « à la Heine ».
Un festival de formes d’une jeunesse étonnante pour nous poser une simple question : qui est responsable du désastre ? un régime, tout un peuple ? chacun en son âme et conscience ou collectivement et à bon compte ?
Est-ce que Beckmann, le myope boiteux verra assez loin pour ne plus vouloir suivre le troupeau aveugle ?

Jusqu’au 13 février 2005 en grande salle du mardi au samedi à 21heures, dimanche à 16h 30.

Francis Dubois

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