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Au Théâtre du Rond-Point Un début de saison prometteur...

Septembre 2005, le Théâtre du Rond-Point ouvre les portes de ses salles pour sa quatrième saison.
Nommé à la tête de ce lieu dont on se souvient avec émotion qu’il fut autrefois dirigé par le couple mythique Renaud-Barrault, Jean-Michel Ribes opte pour une programmation exclusivement consacrée à des auteurs contemporains.
C’est un pari mais au final, cette contrainte imposée se tourne en avantage puisqu’elle conduit à une grande diversité de genre et d’inspiration, une sorte d’éclectisme qui fait la particularité et l’intérêt de l’endroit.
Le calendrier est serré et les trois salles ont chacune sa couleur de programmation. On sait, lorsqu’on choisit un spectacle donné dans la salle Roland Topor, qu’on va voir quelque chose de léger ne dépassant pas une heure, une heure et quart et s’apparentant au spectacle de cabaret. La salle Jean Tardieu, sensiblement plus grande propose le plus souvent des textes de théâtre pur mais toujours porteurs d’originalité, de qualité et d’exigence (on se souvient, la saison dernière de « Dis à ma fille que je suis en voyage »)
La salle Renaud-Barrault propose souvent des mises en scène ambitieuses, « volumineuses » au service de textes parfois inégaux, souvent réjouissants mais qui offrent toujours le plaisir de la découverte.
On peut ajouter à la trentaine de spectacles qu’offre la programmation de la saison les fameux débats animés par la rédaction du journal « Le Monde » qui ont lieu certains lundis dans la grande salle, les textes libres des mardis midi, lectures organisées par Louise Doutreligne , « le Cabaret » qui présente un concert un vendredi par mois à 23heures (après le spectacle) ainsi que « le Rond point des surprises » autour du sujet « pourquoi faut-il raconter des histoires » avec des conteurs venus de France et d’ailleurs (Mimi Barthélémy, Peter Brook, Armand Gatti, Albert Jacquard ou Marie N’daye) , ou encore « Lire en fête » en présence d’auteurs « d’ici et des Balkans »....
La saison 2005-2006 commence avec deux reprises : « Musée haut, musée bas » de Jean-Michel Ribes (*) et « Le fait d’habiter Bagnolet » de Vincent Delerm alors que le reste de la programmation donne d’entrée la tonalité générale.
« Les pas perdus » de Denise Bonal avec une quinzaine de comédiens sur scène saisit des personnages dans le cadre particulier et révélateur d’une gare.
« Merci » de et par Daniel Pennac livre les rapports entre un artiste dos au public et acclamé par un public fictif.
« Le sixième solo » est un texte de Serge Valetti joué par Philippe Fretun et « La bancale se balance » de Louise Doutreligne interprétée par Marianne Basler raconte l’histoire d’une bancale, mal aimée laissée pour compte qui se révèle à elle-même en découvrant son pouvoir sensuel (**)
Et du 15 au 24 décembre, c’est le retour au Rond-Point de Pipo delbono pour cinq spectacles et des surprises. Deux reprises sont au programme : « Il silenzio » et « Gente de plastica » ainsi que trois nouvelles créations « Esodo », « Enrico V »et « Urlo » agrémentée dans l’intervalle d’un récit chanté, création d’un quatuor de femmes parmi lesquelles Giovanna Marini.
Georges Moustaki donnera cinq concerts exceptionnels du 27 au 31 décembre et le couple Marilu Marini -Alfredo Arias jouera le « Palais de la Reine » de Chantal Thomas.(Novembre -Décembre°).
« L’infusion » devrait révéler Pauline Sales comme auteur et pour finir l’année 2005 un spectacle pour tous à partir de huit ans est proposé : c’est un texte de Fabrice Melquiot qui raconte l’histoire de Catalina, la fille aux deux visages l’un devant, l’autre derrière et qui ne sont jamais d’accord entre eux. Et c’est du 7 au 31 décembre.

Un programme copieux, généreux, tonique, dont la grande diversité devrait satisfaire tout à la fois un public exigeant, les spectateurs amateurs de découvertes et ceux qui considèrent que le théâtre est un moment de détente....
Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point 2, bis Avenue Franklin Roosevelt 75008 PARIS
Réservation au 01 44 95 98 21 (abonnements 01 44 95 98 00) www.theatredurondpoint.fr
Partenariat "Réduc’Snes" sur réservation impérative en précisant l’adhésion au Snes (au 01 44 95 98 21 ; et sur présentation de la carte au retrait des places) permet de bénéficier de 2 places par personne sur l’ensemble de la programmation au tarif réduit de 18€ au lieu de 28€ (16 au lieu de 18 pour les plus de 60 ans ; 10 au lieu de 15€ pour les moins de 30 ans.

(*) Ce savoureux spectacle, plein d’humour et de situations délirantes inspirées parfois de la réalité du fonctionnement de certains musées ou de certains de leurs visiteurs, dont on peut seulement regretter quelques redondances, est repris jusqu’au 6 novembre.
Un dossier pédagogique conçu par le CRDP de Paris, est téléchargeable à l’adresse www.theatredurondpoint.fr/pdf/crdpmusee.pdf avec un questionnaire permettant de recevoir des places gratuites pour la représentation du 6/10/05 avec Daniel Pennac. Philippe Laville

(**) « La bancale se balance »
De Louise Doutreligne, mise en scène Antonio Arena
Avec Marianne Basler et Thierry de Carbonnières
en salle Roland Topor, du mardi au samedi à 18h30, jusqu’au 22 octobre
De sa naissance ratée - « elle est née deux fois » puisqu’on l’a sauvée in extremis alors que le cordon avait été mal noué - la bancale a gardé un appétit de vie qui lui fait rechercher la jouissance comme seul remède à la solitude et au désespoir. Elle fait du sexe une religion.
Une femme parle. Elle s’exhibe, s’expose en mots, dévoile son corps comme son âme, mélange vécu, fantasmes et obsessions sexuelles. Elle se soumet, cherche la fusion « Toi c’est moi, Moi c’est toi », mais affirme aussi sa liberté en bravant l’ordre établi, « ceux qui font la pluie et le beau temps dans ta culotte ». « Toutes les expériences sexuelles, parfois douloureuses, qui sont évoquées apparaissent comme autant de stations d’un extravagant chemin de croix qui mène à la connaissance et à l’acceptation de soi » écrit le metteur en scène. Cette femme qui nous parle est admirablement interprétée par Marianne Basler. Elle a les excès, les soumissions, les bravades du personnage. Elle joue aussi beaucoup avec son corps, vêtu ou à demi dévêtu, mouillé, lavé, essuyé, magnifié par son partenaire Thierry de Carbonnières qui réussit à imposer sa présence tout en étant masqué et muet.
Micheline Rousselet texte ajouté le 26/9/05

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