Archives 2006

Apprentissage junior pour les élèves en difficulté : quelques vérités !

Pourquoi l’apprentissage « junior » n’est pas une solution pour les élèves en difficulté ?

L’abaissement de l’âge d’entrée en apprentissage a été présenté par le Premier Ministre comme une mesure phare de la loi sur l’égalité des chances.

Non seulement cette proposition traduit le peu d’ambition de ce gouvernement pour la formation de la jeunesse mais elle représente une véritable escroquerie !
Le taux d’abandons ou de rupture de contrats d’apprentissage est de 25% à 50% selon les branches professionnelles.

Un amendement a même été déposé au sénat pour « tenter de réglementer les pratiques de certaines entreprises » qui « prennent l’apprentissage comme un simple outil pour employer une main d’œuvre docile et bon marché »

Cette situation est décrite par les sénateurs comme d’autant plus regrettable que ces secteurs connaissent aujourd’hui une pénurie en personnels qualifiés ... mais cet amendement a été rejeté par la majorité.

Comment ne pas s’inquiéter pour l’avenir alors que le parlement a voté début février l’autorisation du travail de nuit dès 15 ans dans le secteur de la Boulangerie, pâtisserie, restauration et hôtellerie en contradiction avec la convention des droits de l’enfant et de l’OIT !

L’apprentissage opère une discrimination à l’égard des jeunes issus de l’immigration.

Un rapport publié en juin à la suite d’une étude commandée par l’association française des chambres de commerce et d’industries en Île de France, indique que les CFA anticipent les réticences des entreprises en ne retenant pas les candidatures des jeunes issus de l’immigration, car les difficultés de placement seraient trop fortes.

En passant par un apprentissage « junior » les jeunes déboucheront au mieux sur un CAP.

Bien sûr le CAP est déjà un premier rempart contre le chômage D’après l’enquête du CEREQ « génération 2001 » 68% des jeunes titulaires d’un CAP ou d’un BEP sont en CDI 3 ans après leur sortie du système éducatif. Mais cette enquête montre également que ce pourcentage ne cesse d’augmenter avec le niveau de diplômes. Il atteint 73% pour les titulaires d’un Bac pro ou technologiques, 79% pour les titulaires de DUT ou BTS Industriels et 71% pour les titulaires de DUT ou BTS tertiaires, 82% pour les 3ème cycle universitaires.

Ne vaudrait il pas mieux, sachant que les connaissances exigées dans les métiers sont toujours plus importantes, mettre les moyens pour permettre aux élèves en difficultés de « raccrocher » les études ?

L’apprentissage « junior » ne conduira pas au diplôme d’ingénieur !

Contrairement à ce que prétend le ministère les élèves qui entrent en apprentissage au niveau CAP ont fort peu de chances d’arriver à un diplôme supérieur. D’après l’enquête de G Moreau 1,5% des inscrits en CAP réussissent à obtenir un Bac Pro et 0,5% le BTS !

Tout montre que loin de favoriser la réussite et l’accès à la qualification des jeunes en difficulté, l’apprentissage « junior » va précipiter vers la précarité et le chômage des adolescents dont les projets d’avenir ne sont pas stabilisés, les acquis scolaires trop limités et l’autonomie fragile.

Comme égalité des chances, on peut faire mieux !

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