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Appel pour la défense des SES

La réforme du lycée présentée par le ministre Xavier Darcos et confiée à Jean-Paul de Gaudemar, remet en question des principes essentiels concernant l’enseignement des Sciences Economiques et Sociales notamment.

NON à la précipitation, OUI à la concertation

En voulant appliquer sa réforme en seconde dès septembre 2009, le Ministre indique qu’il ne souhaite pas prendre le temps d’une réelle concertation et d’une réflexion approfondie. Il est inacceptable qu’une réforme d’une telle ampleur, qui va engager l’Education nationale pour plusieurs décennies, soit conduite en si peu de temps.

NON au lobbying, OUI à la laïcité

Un lobby financé par de grandes entreprises, l’Institut de l’Entreprise, s’est autorisé à transmettre au Ministre un nouveau programme de SES pour la seconde, sans que ce dernier n’émette la moindre protestation. Qu’aurait-il dit si les représentants syndicaux avaient proposé de nouveaux programmes de SES, ou si ceux d’une confession religieuse étaient intervenus pour modifier les programmes de science ou d’histoire ?

Qui sera chargé de rénover les programmes ? Des groupes d’experts composés d’universitaires et d’enseignants du secondaire ou un pilotage direct par le Ministère recueillant les avis de quelques « visiteurs du soir » ?

NON aux SES en miettes, OUI à des Sciences Economiques ET Sociales

Le projet de réforme prévoit un parcours à dominante « Sciences de la société » en première et en terminale où les élèves auraient à choisir sur l’ensemble du cycle 16 modules semestriels de spécialisation, dont 9 à choisir parmi les modules de cette dominante (économie, sociologie, droit, gestion etc.). Cette modularisation risque de déboucher sur une juxtaposition de fragments d’économie et de sociologie . Il s’agira alors d’une disparition pure et simple des SES au lycée : plus de possibilité de croiser les démarches économiques et sociologiques et une probable relégation de la sociologie. Pourquoi dénaturer ainsi les SES, un enseignement qui s’attache à la fois à présenter et à croiser de manière féconde les regards économiques et sociologiques ? Comment préserver des parcours cohérents de formation ?

NON à la transmission d’une simple « boîte à outils », OUI à des SES pour comprendre l’économie et la société d’aujourd’hui

Certains rapports sur les SES demandent à ce que l’acquisition d’une « boite à outils » de « fondamentaux » soit l’objectif principal de l’enseignement de SES. Le succès de l’actuel enseignement des SES montre que l’intérêt et la motivation des élèves part de l’étude des questions économiques et sociales contemporaines pour mobiliser les analyses des économistes et des sociologues. Imagine-t-on un lycée où les élèves ne pourraient plus se saisir rigoureusement de questions comme la monnaie et le financement de l’économie, la mondialisation, la mobilité sociale, le développement durable, l’Europe … alors que ces mêmes élèves seront amenés à participer au débat démocratique et à se prononcer par leur vote ?

Pour toutes ces raisons, nous refusons le contenu d’une réforme qui remet en cause l’enseignement de Sciences Economiques et Sociales et nous demandons la mise en place d’une réflexion collective associant réellement les différents acteurs et partenaires de l’Éducation pour une réforme du lycée.

Initiateurs de l’Appel
APSES (Association des professeurs de sciences economiques et sociales),
CGT EDUC’ACTION (Union nationale des syndicats de l’education nationale, unsencgt),
FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne),
SNES (Syndicat national des enseignements du second degré),
SUD ÉDUCATION (Fédération des syndicats sud de l’éducation nationale),
UNEF (Union nationale des Étudiants de france),
UNL (Union nationale des lycéens)

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