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Un film de René Féret (France)

"Anton Tchekhov 1890" Sortie en salles le 18 mars 2015

Eté 1890. Pour faire vivre sa famille et payer les études de ses jeunes frères, Anton Tchekhov, jeune médecin de campagne écrit, à ses moments perdus, pour des journaux, des nouvelles publiées sous le nom d’Antocha Tchékhonté. culture/cinéma

Jusqu’au jour où un écrivain et un éditeur célèbres découvrent ses qualités d’écrivain et décèlent, dans les modestes écrits du médecin, un talent évident.
Des commandes plus ambitieuses en retour de salaires plus substantiels voient la situation du jeune médecin et de sa famille s’améliorer nettement. L’acquisition d’une grande maison s’assortit de l’attribution du Prix Pouchkine et de l’admiration de Tolstoï.
Mais lorsque Kolia, le frère préféré de Tchekhov meurt de la tuberculose, Anton vit cette disparition qu’il n’a su enrayer, comme un échec personnel.

Pour fuir sa notoriété vénéneuse et l’amour débordant de Lika, il décide de mener seul le projet qu’il avait avec Kolia, de se rendre sur l’île de Sakhaline, à 10 000 kilomètres de Moscou, à la rencontre des bagnards qui y sont soumis à une vie très rude.

René Féret serait-il un de nos metteurs en scène français parmi les plus talentueux ?

En quarante ans d’une carrière qui s’ouvrit sur "La communion solennelle" en compétition officielle au Festival de Cannes 1977, il aura réalisé de façon artisanale, toujours plus ou moins en famille, une vingtaine de films d’inspiration contrastée ("Fernand" en 1980, juste avant "Le mystère Alexina" en 1985). En 2010, avec "Nanneri, la sœur de Mozart", il entamait un nouveau genre cinématographique avec une série de films en costumes. En 2012, il réalisait avec des moyens modestes un "Madame Solario" somptueux qui pouvait se mesurer à des œuvres prestigieuses, des productions disposant de budgets bien plus confortables.
En 2015, il nous propose un "Anton Tchékhov -1890", dans cette même nouvelle tonalité mais encore plus abouti.
Chez René Féret aucun des secteurs de la réalisation ne souffre d’un budget réduit. Ni la lumière toujours très convaincante avec un soin tout particulier aux intérieurs, ni des distributions réunissant des comédiens qui, pour être moins connus, n’en sont pas moins convaincants et soigneusement distribués.
Ici, avec son "Anton Tchekhov", René Féret se surpasse. Le plaisir de l’œil est garanti mais également l’émotion.

Francis Dubois

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