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Andrée Tainsy disparition d’une grande comédienne

Le19 décembre Andrée Tainsy s’est éteinte à quatre vingt treize ans après avoir applaudi la mise en scène de Miche Dydim au Théâtre des Abesses dans l’après-midi.

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On l’avait vu en 2OO3 sur la scène du Théâtre Paris-Villette dans une émouvante prestation et récemment au cinéma chez François Ozon, Philippe Garrel, Michael Haneke ou Arnaud Desplechin (Rois et reine)
On la rencontrait souvent dans les halls des théâtres où, spectatrice assidue, elle attendait stoïquement l’ouverture des portes. C’était à Saint-Denis, à la Tempête ou à La Colline, au Théâtre Ouvert ou au Conservatoire où elle assistait aux rendus de fin d’année.
On sentait chez la spectatrice qu’elle était une curiosité gourmande que venait confirmer, quand on le croisait, son regard où frisait une lueur de complicité.
Depuis son entrée au Conservatoire de Bruxelles dans les années 3O, on n’a cessé de la voir, au théâtre bien sûr où elle a travaillé avec Sacha Pitoëff, Sylvia Monfort, Claude Régy, ou Roger Blin qu’elle accompagna dans son dernier spectacle, « Triptyque » de Max Frisch.
Elle a soixante et onze ans quand elle devient pensionnaire de la Comédie Française à la demande de Jean-Pierre Vincent pour jouer dans « Les corbeaux » d’Henry Becque.
Mais c’est en 1975 qu’avec « Loin d’Hagondange » de Jean-Paul Wenzel, elle trouve le rôle qui la révèle au public. Elle y joue le rôle de Marie, une femme de mineur à la retraite.
A la télévision où elle sera de la « grande époque », on la verra surtout dans la série « Théâtre de la jeunesse » (Sans famille , la sœur de Gribouille...) ou « La caméra explore le temps » (L’affaire Ledru, La terreur et la vertu, ou l’affaire Callas)
Pendant plus de soixante ans, cette comédienne talentueuse qui avait dû, très tôt se cantonner dans des rôles de composition de femmes âgées parce que son physique ne correspondait à aucun des emplois traditionnels de coquette, de jeune première ou d’ingénue n’a cessé de défendre avec le même talent des personnages de premier plan ou de simples apparitions qu’elle marquait de sa personnalité
Le film d’Arnaud Desplechin, « Rois et Reine » où elle n’a qu’une seule scène et qui sera sa dernière prestation, résume bien avec la candeur du personnage et sa malice la carrière de cette grande dame, basée sur le talent et la discrétion.
Francis Dubois

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