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Analyse de la situation Physique Chimie Février 2013

ANALYSE DE LA SITUATION Physique – Chimie Février 2013

COLLEGE

Voir aussi article ACTUALITÉS / DEMANDES DU SNES : dédoublements, suppression du LPC (mandat de congrès), EIST etc.

Le SNES est régulièrement sollicité par des collègues touchés par des diminutions horaires, la suppression de plus en plus fréquente des dédoublements et les affectations sur plusieurs établissements.

Le demande par le SNES de groupes pour toutes les disciplines est systématique en CSE.

En attendant  :
il n’y a malheureusement pas de réglementation nationale concernant les dédoublements et autres enseignements en groupe réduits et l’on constate que ceux-ci tendent à disparaître, même en classe de troisième où jusqu’à présent beaucoup d’établissements avaient fait le choix de les maintenir. Rappelons que le vote au CA permet parfois d’obtenir des moyens supplémentaires après un refus lors de l’établissement du TRMD. L’examen critique de la proposition de TRMD permet aussi souvent à l’équipe pédagogique de proposer d’autres utilisations des "heures non affectées", en particulier pour la constitution de groupes.

En ce qui concerne les suppressions de poste, les diminutions horaires, ou la demande aux TZR de certaines académies d’effectuer une partie de leur service en mathématiques, c’est la solidarité entre collègues qui, par le refus d’heures supplémentaires, reste l’arme la plus efficace. A cette époque de l’année, il est encore possible d’obtenir la transformation de HSA en heures-postes.

LYCEE

Voir aussi article ACTUALITES / DEMANDES DU SNES

Problèmes particuliers à la série scientifique et à la session 2013 du baccalauréat

En ce qui concerne l’enseignement en terminale, l’inquiétude croît à l’approche des épreuves d’ECE et des épreuves écrites. Les collègues, partagés entre l’élaboration d’exercices d’ « analyse et synthèse de documents scientifiques », la préparation de sujets d’ECE et la rédaction de leurs cours, font part de leur épuisement.

Problèmes liés à l’ECE

La parution des « sujets zéro » pour l’ECE et des modalités de leur évaluation laissent les collègues perplexes et désemparés.

Démarche scientifique

Beaucoup de collègues ont été satisfaits de voir la fin des « TP presse boutons » dans le cadre de l’ECE. Cependant, se « mettre en recherche », « proposer un protocole » est souvent très difficile à des élèves qui ont peu eu l’habitude de le faire auparavant. Ces nouvelles modalités de TP sont en train de se mettre en place avec un pilotage de fait par l’épreuve d’ECE, via les sujets « zéros », et les enseignants qui ont vraiment mis leurs élèves en situation de recherche depuis le début de l’année se demandent si le temps ne va pas leur manquer et si leurs élèves ne vont pas finalement être pénalisés par rapport à ceux qui auront été davantage guidés et auront rencontré un nombre plus varié de situations.

Evaluation

Même s’il était rare que des notes aussi basses soient attribuées dans le cadre de l’ancienne épreuve, obtenir une note inférieure à 5 était « mathématiquement » possible ; cela apparaît impossible pour la session 2013.
Plus fondamentalement, noter A, B, C ou D, trois des cinq compétences « S’approprier, Analyser, Réaliser, Valider, Communiquer » avant qu’un logiciel n’en sorte une note sur 20 apparaît tantôt comme terriblement simpliste, tantôt comme inutilement opaque. C’est qu’en l’absence de formation, et l’on entend par là une exemplification qui permette aux examinateurs de ne pas craindre de se livrer à une notation arbitraire, il semble impossible à beaucoup d’évaluer les élèves selon ces nouveaux critères.

Ceux qui ont testé l’évaluation de leurs élèves selon ces nouvelles modalités ont constaté que l’examinateur devait être beaucoup plus disponible que pour l’ancienne épreuve pour le cas échéant donner des « coups de pouce » au bon moment sans faire perdre de temps au candidat. Il semble très difficile de pouvoir évaluer simultanément 4 candidats.

Mise en place de nouveaux TP

Dans beaucoup d’académies, les IPR ont proposé au cours du deuxième trimestre des rencontres. Il est alors la plupart du temps demandé aux enseignants d’apporter des exemples de leurs nouveaux TP. Si les échanges entre collègues sont généralement appréciés, il semble que les organisateurs assistent en spectateurs ou en modérateurs mais se gardent bien de se prononcer sur la pertinence des activités proposées. Les collègues en ressortent avec un sentiment d’inquiétude accru car il semble alors manifeste que « personne ne sait ce qu’on va avoir ».

Dans certaines académies circule la rumeur qu’il va être demandé aux collègues de créer les sujets de la session 2013, comme cela peut être le cas en langues.

Ailleurs, aucune proposition académique n’est faite, ni de rencontre, ni de mutualisation.

Depuis quelques temps circule dans quelques académies, soit qu’il soit adressé aux collègues via leur boîte académique, soit qu’il soit directement mis en ligne, un document émanant de l’inspection générale et proposant l’utilisation d’un logiciel de traitement statistique des données. Cela signifie-t-il que ce logiciel téléchargeable sur le site personnel d’un enseignant (gum_mc) sera utilisé dans un sujet d’ECE cette année ? Faut-il donc que chaque établissement installe au plus tôt ce logiciel et organise un TP d’initiation ? Combien de temps faudra-t-il consacrer à cet apprentissage d’ici l’épreuve d’ECE ?

Problèmes liés à l’écrit

Liaison première – terminale

En raison d’un calendrier très serré, les enseignants de première en 2011-2012 n’avaient pas connaissance du programme de TS lorsqu’ils ont conçu leur progression. L’abondance des contenus au regard de l’horaire imparti (30% de moins que les années précédentes) a amené chacun à des choix qui ne se sont pas toujours révélés comme les plus pertinents au vu du programme de terminale. Bacs blancs en français et histoire géographie, TPE, sorties… on perd facilement une semaine de cours en 1ère S où, rappelons-le, l’horaire « normal » n’est que de 3h-élèves, réparties, selon les établissements, en 1h de cours et 2h de TP ou 1h30 de cours et autant de TP.
Par exemple, certains élèves n’ont jamais entendu parler de conductivité et sont démunis pour aborder un titrage conductimétrique en TS alors que d’autres ont rencontré la notion comme illustration de la dissolution des solides ioniques en 1ère S…

Beaucoup d’enseignants ont revu leur progression de 1ère pour l’année 2012-2013, et insistent à présent davantage sur ce qui sera réinvesti en terminale mais… est-il normal de se voir contraint d’opérer des « choix » dans un programme, voire de sortir quelque peu des limites du programme pour gagner du temps l’année suivante, même avec l’accord tacite des IPR ?!

Pratiquer des démarches scientifiques

Mettre en recherche les élèves et ne pas pouvoir aller au bout ne fait que susciter de l’insécurité chez les élèves et les enseignants qui ont l’impression de ne remplir qu’à moitié leur mission.
Pire, ils constatent que le manque de temps pour pratiquer ces nouvelles démarches qui ne sont pas aussi familières aux élèves qu’on le dit accroit les inégalités : ceux qui parviennent à terminer une telle activité dans le temps imparti sont ceux qui ont la possibilité de discuter à l’extérieur de la question posée, d’effectuer des recherches, d’émettre des hypothèses, souvent en se faisant aider. Beaucoup d’élèves ne trouvent pas de plaisir dans ces activités pour eux inachevées car la frustration l’emporte sur la curiosité qu’il s’agissait pourtant d’éveiller.

Précisions sur les contenus

En terminale, si l’apparition de la physique et de la chimie « moderne » avait été appréciée, les collègues sont désemparés lorsqu’il s’agit de concevoir des séquences : l’organisation de demi journées académiques de formation, parfois en collaboration avec des laboratoires de recherches ou des associations, a été profitable à la réactualisation des connaissances, mais les intervenants, souvent chercheurs issus du supérieur, n’ont pas répondu à la question cruciale de l’enseignant « à quel niveau traiter le chapitre pour le bac et quels contenus y mettre ? ».

Comme il avait été signalé lors de la consultation sur les programmes, au moment de la mise en œuvre du programme, l’enseignant s’interroge sur le sens à donner aux différents niveaux de détail dans la rédaction du document. Par exemple, on comprend qu’il y ait toute liberté pédagogique pour la présentation de la mécanique et que ces paragraphes soient peu détaillés, mais il est curieux de se voir imposer, dans un domaine tout aussi classique, le TP « suivi cinétique par CCM ».

Finalement, les contenus explicités par le programme ne sont pas à la hauteur des attentes des enseignants qui estiment que les aspects qualitatifs des phénomènes tiennent une place trop importante. Que la modélisation mathématique qui semble quasiment absente fasse partie de l’implicite est possible, mais dans ce cas, les enseignants n’ont pas le moyen de savoir jusqu’à quel point elle doit être développée.

Plus généralement, on constate que la mutualisation des ressources est très insuffisante : si les travaux de l’académie de Créteil autour de l’exercice d’analyse et synthèse de documents scientifiques ont été très récemment assez largement diffusés (ils ne sont cependant pas signalés sur tous les sites académiques), ceux de l’académie de Toulouse sur la passation des épreuves d’ECE restent, semble-t-il, confidentiels.

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