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Un film de Rob Cohen (USA)

"Alex Cross" Sortie en salles le 19 décembre 2012

Alex Cross est inspecteur de police à Détroit. Il fait équipe avec un ami de longue date, Tomy Kane et l’inspectrice Monica Ashe.

Leur mission actuelle est d’élucider une affaire de meurtres en série dont l’auteur présumé surnommé Picasso, semble maintenant vouloir s’en prendre à Gilles Mercier, un gros industriel de la ville.

Alex Cross, ses collègues (et le spectateur) sont assez prompts à comprendre que dans cette affaire, les évidences vont s’avérer trompeuses, que les pièges seront nombreux et que rien n’est vraiment ce qu’il paraît.

Lorsque le tueur se sera attaqué à la femme d’Alex Cross, celui-ci s’appliquera à réduire chaque jour un peu plus la marge d’action de Picasso et à démonter ses stratégies machiavéliques. Il dépassera pour atteindre son but, faire son travail et assouvir son désir de vengeance, ses ultimes limites morales et psychologiques.

Le personnage d’Alex Cross, le héros récurrent des romans de James Patterson, existe depuis une vingtaine d’années.

"Alex Cross" ne s’inspire pas d’un livre en particulier mais il est une émanation de plusieurs ouvrages s’attachant surtout à reconstituer la genèse du personnage et à tenter de renouveler un genre galvaudé par de nombreuses productions télévisuelles qui sont, comme ici, basées sur le quotidien de la police d’investigation.

La "base" policière du récit n’innove pas. Un inspecteur noir, la quarantaine massive, marié, père de deux jeunes enfants dont l’épouse attend un heureux événement. Jusque-là, rien de neuf.

Il fait équipe avec un ami de longue date et une jeune femme efficace et il entretient avec eux des rapports amicaux et complices. Le contraire aurait étonné.

Le serial killer qu’il pourchasse fausse les pistes et tue son épouse. De quoi relancer la mission et alimenter un furieux désir de vengeance.

La différence entre le film policier d’autrefois, un genre populaire dont le public du samedi soir était friand et le thriller d’aujourd’hui, n’apparaît pas dans le synopsis. Elle est dans l’utilisation des effets spéciaux et dans tout ce que les technologies modernes mettent au service de l’image pour produire du spectaculaire.

Mais est-on bien certain qu’un "volume" dramatique poussé à l’extrême avec explosions monumentales, machineries sophistiquées, immeubles en feu, soit nécessaire pour arriver à l’évidence, à l’ultime combat entre le bon et le méchant dont on connaît l’issue ?

Rob Cohen et ses scénaristes ont dosé l’intime et le spectaculaire. L’intime pour l’émotion, l’attachement aux personnages et le spectaculaire pour l’œil, pour "faire la roue", faire beau, faire peur et séduire.

"Alex Cross" en dehors de ce qu’il est, un divertissement aussitôt-vu-aussitôt-oublié, comporte deux atouts. Le jeu étrange, convaincant et inquiétant du comédien qui interprète le tueur et qui donne au personnage une belle épaisseur et le décor final, un magnifique théâtre qui tombe en poussière et à qui les deux hommes, en s’y livrant un féroce combat ; donnent l’estocade.

Francis Dubois

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