Violence en milieu scolaire

Agression à Fenouillet, réaction du Snes

Une enseignante du collège François Mitterrand à Fenouillet (31) a été blessée d’un coup de couteau dans sa classe vendredi matin par un élève de 5ème qu’elle avait puni la veille pour un travail non rendu. Elle a été opérée pour une hémorragie interne et son pronostic vital n’est heureusement pas engagé, mais l’agression dont elle a été victime a créé une vive émotion dans l’établissement et bien au-delà.

Le SNES assure son total soutien à l’enseignante agressée comme à l’ensemble de la communauté éducative du collège.

Selon nos premières informations, l’établissement scolaire serait un collège « sans histoires » de la banlieue de Toulouse où les incivilités sont toutefois nombreuses, comme dans la plupart des collèges, et l’élève ne serait pas spécialement connu pour des problèmes de comportement. Cette agression montre donc une fois de plus que l’école n’échappe pas aux tensions souvent violentes qui marquent la société actuelle, et qu’aucun établissement n’est à l’abri d’un acte de violence.

Alors que les médias et le Gouvernement ont récemment focalisé la violence scolaire sur les intrusions extérieures, cette agression rappelle que la violence à l’école se joue le plus souvent dans l’enceinte même de l’établissement avec les élèves qui le fréquentent.

Le SNES rappelle que la lutte contre la violence en milieu scolaire commence par une réflexion approfondie sur les causes et les mécanismes multiples de cette violence. Cette lutte suppose une politique qui donne les moyens aux établissements scolaires de faire un travail éducatif de qualité et dans la durée auprès des élèves et de leur assurer de bonnes conditions d’apprentissage au sein de la classe. Elle suppose également l’amélioration de la vie des jeunes en dehors de l’école, ainsi qu’une politique ambitieuse de la ville, de l’emploi, de l’aménagement du territoire qui lutte réellement contre les exclusions et les ghettos.

Loin de se satisfaire de quelques effets d’annonce interministérielles en matière de sanctuarisation des établissements scolaires, le SNES demande avec insistance au ministre de l’éducation nationale de privilégier l’éducatif sur le « tout sécuritaire », de privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l’accompagnement plutôt que de développer les « portiques » et dispositifs de vidéo-surveillance.

Cela nécessite de revenir sur les suppressions massives de postes dans le second degré qui dégradent les conditions d’enseignement et dégarnissent les vies scolaires. Le SNES exige le recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d’équipes pluriprofessionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l’école.

Paris, le 16 mai 2009.

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