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Un film de Géraldine Maillet (France)

"After" Sortie en salles le 30 janvier 2013

Une nuit de forte pluie, une femme trouve refuge dans un bistrot de quartier. Alors qu’elle consomme au bar en attendant l’hypothétique taxi qui doit la ramener chez elle, son regard croise celui d’un jeune homme attablé.

Ils lient conversation et il finit, la voyant dans l’embarras, par lui proposer de la ramener chez elle sur sa moto. Elle accepte.

Voilà qui semble réglé. Mais le hasard en décide autrement et de fil en aiguille, une sympathie réciproque s’étant installée, Julie et Guillaume passeront la nuit à errer, à boire et à bavarder sans que le piège qui les guettait de faire l’amour ne se referme sur eux.

Au petit jour, leur séparation sera-t-elle définitive ou les sentiments qui ont germé en eux feront qu’il y aura d’autres rencontres. Que les projets de voyage de Guillaume ou la sage vie bourgeoise de Julie s’en trouveront bouleversés ?

A la lecture du synopsis, on pouvait s’attendre au pire, à une de ces bluettes où deux êtres que rien ne prédisposait à se rencontrer, finissent, au bout de la nuit, par se laisser aller à une attirance réciproque.

A quoi cela tient-il ? Alors que tous les ingrédients de l’histoire attendue sont réunis, le film de Géraldine Maillet, en évitant tous les obstacles, en déjouant tous les pièges, échappe à tous les clichés.

L’écriture est soignée. Les dialogues simples constitués souvent de répliques brèves font mouche et contribuent à créer une atmosphère singulière. Mais cela suffit-il à la réussite et à la parfaite maîtrise du récit ? Il y a les silences, les regards. La façon très précise avec laquelle la cinéaste a construit ses personnages. Elle, distante mais intéressée, laissant toujours une ouverture à la situation. Lui, jeune, tendre aux manières peu conquérantes et qui la devance toujours d’une longueur dans l’approche.

Elle qui met de la curiosité dans ses regards, dans ses silences, dans la façon de s’accorder une pause dans sa vie de femme mariée, prenant conscience parfois que sa place n’est pas dans la nuit, dans un bar, avec un garçon inconnu plus jeune qu’elle.

Lui, à fleur de peau, sage, qui se révèle et qui au lieu de l’emmener chez lui quand il la sent prête, préfère lui ouvrir les portes du court de tennis où il donne des leçons à de jeunes joueurs.

Il y a sans doute une autre raison à la réussite de ce film conduit de bout en bout sur le fil du rasoir, c’est le talent des deux comédiens.

Julie Gayet n’a jamais été aussi talentueuse, elle n’avait jamais donné auparavant un jeu aussi subtil, nuancé, tout en finesse.

Mais c’est surtout Raphaël Personnaz qui porte le film. Ce jeune comédien qu’on avait remarqué chez Bertrand Tavernier (" La Princesse de Montpensier") ou plus récemment chez Catherine Corsini (" Trois mondes" ) est époustouflant de présence, de sensibilité

Au final, un film attachant, parfois drôle, parfois bouleversant, toujours juste.

Francis Dubois

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