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Un film de Jacques Rivette (France)

"36 vues du Pic St-Loup" Sortie en salles le 9 septembre

"Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses souffrantes qui demandent à être délivrées" dit Vittorio et c’est la mission qu’il se fixe à l’instant même où il croise la route de Kate dont la voiture est tombée en panne en rase campagne. Ce Vittorio qui sait réparer une mécanique en un tour de main flaire de loin les princesses malheureuses au point que, quand il a failli en manquer une, il est capable de rebrousser chemin pour voler à son secours au lieu de rejoindre l’Espagne où on l’attend.
Suivre Kate l’amène dans une ville des Cévennes où un cirque dresse son chapiteau.
Le cirque, Kate qui faisait un numéro au fouet, l’a quitté depuis quinze ans. Elle y revient à la mort de son père, le directeur, pour sauver la saison d’été. Les villes et villages où l’on dresse le chapiteau ont un point commun : on peut depuis l’emplacement, où qu’on se place, voir le fameux Pic St-Loup.
SNES_36Vues
Vittorio occupe la meilleure place sur les gradins. Il applaudit au numéro de clowns d’Alexandre et Marlo et le lendemain il est encore là qui rôde à essayer de percer le mystère de Kate. Clémence, la trapéziste n’est pas insensible au charme de Vittorio et même si elle a promis de tenir le secret, elle finit par dévoiler l’histoire.
Au moment où Kate a lancé le fouet, le dossier de la chaise sur laquelle se tenait Antoine, son partenaire et amoureux a cédé. Antoine a été égorgé par la force de la lanière et Kate n’a plus remis les pieds au cirque pendant quinze ans. Pour Vittorio, la douloureuse histoire confirme que Kate est bien une princesse souffrante qu’il faut délivrer de son mal…
Les films de Rivette ont un air de famille. Celui-là pourrait être l’héritage de tous les autres. C’est un film libre où les dialogues peuvent échapper au propos, où les personnages ne se sentent aucune obligation ni face à l’histoire, ni face aux autres personnages. On est au cirque mais on est surtout au théâtre et les comédiens jouent pour nous des moments de réjouissantes parenthèses qui font parfois un peu de place à l’histoire, celle de Vittorio qui veut à tout prix sauver Kate qui ne veut pas en entendre parler…
Kate, au bord de la rivière teint des tissus légers qui flottent au vent alors que Clémence tente d’échapper à son amoureux en se cachant dans les fourrés pendant qu’Alexandre savoure la compagnie de Vittorio avec qui il aime bavarder longtemps… Chez Rivette, la vie reste légère même dans les moments de gravité, drôle, imprévisible et on n’aurait pas imaginé que le cinéaste puisse se montrer un jour aussi bucolique. Rivette reste -avec Rohmer- celui de la nouvelle vague qui fait preuve, à plus de quatre vingts ans, de la toujours même réjouissante fraîcheur d’inspiration.
Francis Dubois

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