Le supérieur

2002 Courrier du SNESUP à la DPE

Le SNESUP s’est adressé à la DPE sur la situation des enseignants documentalistes dans le supérieur

A l’attention de Duwoye, sous-couvert de Mme Collet-Sassère, sous-couvert de M. André, chef du bureau DPEA2

Objet : Obligations de service des PRCE de documentation.

De nombreux collègues affectés en qualité de professeurs de documentation dans l’enseignement supérieur continuent de porter à notre connaissance les difficultés rencontrées dans leur établissement pour faire respecter leur statut et obtenir un service conforme à celui-ci.

En cherchant à leur imposer le service annualisé de leurs collègues IATOS, certains responsables entretiennent une confusion qui semble née de ce que dans le second degré, ces enseignants sont aussi responsables de centres de documentation, en l’absence de personnel de bibliothèque dont il serait sans doute nécessaire de mettre à l’étude la création. Pourtant les PRCE de documentation sont TOUS :

-  titulaires d’un CAPES (certificat d’aptitude au professorat...) comme les autres professeurs de l’enseignement secondaire,
-  professeurs affectés et non détachés dans le supérieur, et à ce titre relèvent du décret Lang de 1993 (384h) qui définit le service des enseignants de second degré affectés dans le supérieur : le seul cadre réglementaire les concernant.

Nous étions déjà intervenus en 1999 auprès de Mme MORAUX, alors Directrice des Personnels Enseignants pour obtenir le respect de leurs obligations statutaires. Notre argumentation avait été totalement retenue par Mme Demichel, Directrice de l’Enseignement Supérieur, lors d’une l’audience qu’elle nous avait accordé en 2000. .

Les services réservés au personnel de bibliothèque ne sont donc pas applicables aux PRCE n’ayant ni le même statut, ni la même formation que leurs collègues des bibliothèques et ne pourraient éventuellement se justifier que dans le cadre d’un détachement plus valorisant.

Par ailleurs les universités ont des besoins nouveaux, liés à l’évolution rapide des technologies de l’information et de la documentation. Parmi ceux-ci nous pouvons citer :

- l’utilisation du système d’information et des bibliothèques,
- la recherche informatisée, sur Internet et bases de données,
- le repérage et la prise d’information,
- l’analyse et critique des sources,
- la restitution de l’information,
- la veille informationnelle,
-  l’enseignement des sciences de l’information et de la documentation en tant que discipline.

Des nouvelles technologies induisent une efficacité grandissante du système d’information scientifique. Mais ce progrès est inséparable d’une complexification qui impose la mise en place de formations universitaires à la recherche documentaire. Cet enseignement à la recherche d’information comporte aussi la formation à la maîtrise critique de l’information et des sources d’information, à l’utilisation de données devenues massivement disponibles.

Pour répondre à ces besoins, des enseignements ont été mis en place dans certaines universités, en particulier dans le cadre de la Réforme Bayrou dès 1e cycle et confiés à des PRCE de documentation, qui interviennent aussi en 2ème et 3ème cycle. Ils jouent un rôle appréciable dans la lutte contre l’échec en 1er cycle mis en lumière par l’expérience de Paris 8, tout en participant au développement de son potentiel (l’Université Toulouse1 forme déjà tous les étudiants du1er cycle).

Il apparaît dommageable que ces enseignements peinent à se généraliser, alors même que leur utilité est reconnue, les PRCE étant insuffisamment identifiés pour les assurer.

Un tel frein est non seulement préjudiciable au développement de ces enseignements, mais bloque aussi toutes réponses aux demandes des bibliothèques. Car les bibliothèques ont besoin d’usagers étudiants formés à la recherche, à l’utilisation de l’information et du système d’information, aptes à utiliser correctement les ressources qu’elles mettent à leur disposition dans le contexte de plus en plus performant et complexe d’un système d’information en pleine mutation. La généralisation de ces enseignements devrait permettre d’apporter des réponses.

Pour sortir de cette situation, il est urgent :

-  de donner aux enseignants un service d’enseignement et pouvoir ainsi former le plus grand nombre d’étudiants,
-  de rappeler :
. que les enseignants de documentation affectés à dans le supérieur peuvent intervenir utilement dans de nombreuses composantes et obtenir ainsi l’attribution d’un service complet d’enseignement,
. que les heures d’enseignement existantes déjà dans les maquettes doivent leur être confiées en priorité, et non données à des bibliothécaires ou des vacataires,
. que des enseignements de ce type sont nécessaires à tous les niveaux, par exemple du DEUG au doctorat et doivent être mis en place, pour assurer leur montée en charge rapide (l’exemple de Toulouse 1 est à cet égard illustratif),
. de recruter les personnels nécessaires à la gestion du système d’information en référence aux statuts IATOS correspondant à cette fonction.

Si la prise en compte et la généralisation des mesures nécessaires à l’application des dernières "réformes" de l’enseignement supérieur peuvent apparaître plus difficiles à mettre en œuvre dans de petites structures et ne pas permettre de mobiliser un service complet d’enseignement prévu dans les maquettes aux PRCE de documentation concernés, ce service pourrait alors être complété par d’autres activités pédagogiques décomptées en heures d’enseignement, comme :

- des ateliers (thématiques..) d’aide et d’accompagnement de la recherche documentaire, à la prise d’information dans les textes venant compléter les cours, en particulier dans le cadre de la lutte contre l’échec en 1er cycle,
- une aide en petit groupe à la recherche documentaire, à l’élaboration de bibliographies, à l’édition électronique, à la veille informationnelle en 2ème et 3ème cycle.

Il est donc urgent de donner aux services concernés des consignes claires conformes au cadre réglementaire des enseignants de documentation affectés dans l’enseignement supérieur et de nature à favoriser la mise en place rapide des projets de notre ministère.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de notre meilleure considération.

Autres articles de la rubrique Le supérieur