Années 1990-1999

1999 : Une réforme des collèges sans enseignants documentalistes

Les mesures annoncées pour le collège des années 2000 marginalisent (délibérément ?) les C.d.i. et les enseignants-documentalistes.

Certes, on affirme que « l’apprentissage de la démarche documentaire est fondamental » avec Internet, que « ces apprentissages nécessitent des espaces de travail adaptés « ordinateurs en nombre suffisant au centre de documentation et d’information, salle multimédia ».

Mais pas un seul mot n’est dit sur notre rôle spécifique.

Certes, on affirme la nécessité de « guider chaque élève vers une pratique autonome, personnelle de la lecture et de l’amener à utiliser les lieux de lecture qui sont à sa disposition (C.d.i., bibliothèques municipales) mais le rôle du documentaliste est minimisé : « il sera associé à cette démarche ».

Nous ne sommes pas cités dans le travail en équipe, encouragé dans le cadre des « travaux croisés » ; nous ne figurons pas dans la liste des personnels de « l’équipe du collège »...

L’on ne peut que s’interroger sur ces silences, ces allusions à notre existence.

Après son refus de répondre à nos courriers, de nous recevoir lors de l’action nationale, le ministère persiste et signe.

Méconnaître le rôle pédagogique des C.d.i. et des documentalistes lui sert d’alibi pour ne pas recruter et pour ne pas créer les postes nécessaires.

En octobre 97, nous avions fait poser par un parlementaire une question écrite au ministre sur le nombre de documentalistes. La réponse est enfin parue au J.o. du 3.5.99 ! 194 collèges n’ont toujours pas de poste et le taux d’encadrement reste dérisoire dans la plupart des établissements.

Le collège de l’an 2000 aurait besoin d’un plan pluriannuel de recrutements et d’implantation de postes. La lecture, la recherche documentaire, l’utilisation des T.i.c. doivent faire l’objet d’une véritable formation et d’un suivi tout au long de la scolarité. Les C.d.i. sont des lieux d’apprentissages et les documentalistes en sont les enseignants.

La circulaire sur les compétences documentaires a été délibérément enterrée.

Ces différents constats montrent, une fois de plus, que notre profession n’a toujours pas été entendue.

Danielle Courtoux, Jean-Pierre Hennuyer

Us n° 498 du 5 juin 1999

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