Snes

1996 : audience à l’inspection générale vie scolaire

Nous venions d’apprendre que le texte « Apprendre au CDI » soumis à consultation l’année dernière, n’était pas paru intégralement (malgré plusieurs interventions) dans la brochure sur les nouveaux programmes de 6ème.

Aucun chapitre spécifique consacré au CDI dans cette brochure !

Nous avons dû ré expliquer, repréciser :

1. que le SNES ne demandait pas un programme en documentation au sens dogmatique du terme ;

2. qu’il avait toujours récusé une méthodologie qui ne soit pas reliée à des contenus disciplinaires (d’où notre refus des heures de CDI imposées) ;

3. que nous étions choqués par la modification de ce texte qui aurait pu représenter une avancée significative dans les collaborations avec nos collègues de discipline.

L’inspection nous a précisé qu’elle n’était pas consultée sur les programmes.

LE MALAISE DE LA PROFESSION

Nous avons rappelé le mécontentement des titulaires académiques, dénoncé leur utilisation comme TR et la démotivation qui s’installe chez ces collègues.

L’absence de créations de postes est une incitation à trouver des palliatifs (CES notamment) pour améliorer « l’ouverture et le fonctionnement des CDI ».

L’inspection reconnaît que les enseignants-documentalistes doivent être déchargés d’une partie des tâches matérielles, admet que les CES ne doivent pas exercer d’activités pédagogiques mais souhaite que des solutions « négociées et acceptables... » soient trouvées dans chaque établissement pour améliorer l’ouverture des CID.

Nous n’avons pas été convaincus !

Un exemple parmi d’autres de débordements inacceptables : dans le département de la Dordogne un collège sur quatre fait ouvrir le CDI 15 heures par semaine par des CES seuls !

Nous avons abordé le malaise professionnel ressenti par de nombreux collègues. Les demandes des élèves, des enseignants s’accroissent continuellement et nous ne pouvons pas toujours apporter des réponses satisfaisantes.

Avons-nous été entendus sur ce niveau d’exigence pédagogique ?

On nous a répondu que les documentalistes avaient majoritairement une idée positive de leur métier, que ce dernier était passionnant !

ETUDES DIRIGEES ET SURVEILLEES

Nos interlocuteurs reconnaissent que leur imposition aux documentalistes aboutit à un détournement du rôle du CDI mais ils semblent ignorer l’ampleur du problème. Nous leur avons dit qu’il prenait des proportions inquiétantes, que nous souhaitions une clarification et une prise de position pour enrayer au plus vite ces dérives.

LES FAMEUSES 6 HEURES

Elles n’ont, selon nous, pas à faire l’objet de comptes rendus auprès des chefs d’établissement.

Le service des documentalistes devrait être redéfinir, étant donné l’évolution de la profession.

LES TECHNOLOGIES D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION

L’inspection reconnaît l’investissement important des documentalistes qui nécessiterait des formations plus adaptées dans les MAFPEN.

Nous avons insisté sur la nécessité d’un contenu pédagogique et pas seulement technique de ces informations.

LES POSTES AU CAPES

Nous avons protesté contre la nouvelle diminution des postes au CAPES. L’inspection a reconnu qu’elle était injuste pour les candidats, mais estime qu’on a trop recruté à une certaine époque !

INSPECTION SPECIFIQUE

Le dossier est au point mort. L’inspection enseignement et vie scolaire insiste sur le préalable de la création d’une agrégation en documentation dont les contenus ne sont pas faciles à définir !

En conclusion, nous avons eu le sentiment que les problèmes de fond étaient éludés, et que nous ne pouvions guère compter sur le soutien de l’inspection générale pour que des mesures concrètes voient le jour, l’impression qu’une fois de plus nous restions bien désarmés dans nos établissements.

L’action syndicale est donc plus que jamais nécessaire pour défendre notre métier d’enseignant documentaliste.

S.B, JP H.

Us n° 394 du 21/3/1996

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