Actualité théâtrale

au Théâtre Montmartre Galabru

« 17 fois Maximilien » Jusqu’à fin juin, le mardi à 20 heures

En une heure, nous suivons dix-sept fois chez son psychanalyste, Maximilien, un comédien -non pardon un acteur, il y tient -, qui se demande ce qu’il fait là. C’est à une analyse, délirante a priori, que nous sommes conviés. Maximilien se demande « qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? ». Il apparaît d’abord comme totalement extraverti, jouant son rôle d’acteur pressé qui vient là pour faire comme tout le monde, un homme au courant, pour qui les théories et les pratiques psy n’ont aucun secret. Puis peu à peu au fil des séances, un autre se révèle, qui ose discrètement évoquer ses doutes et ses peurs.
Sur scène, un fauteuil indien assez kitsch qui remplace le divan, et des étagères où apparaissent quelques objets, une peluche, un cadre avec une photo, un vase rempli de fleurs en tissu. Une sonnette musicale indique la fin des séances et permet de scander les sorties de Maximilien après chaque séance. Nikola Parienty, seul en scène, est Maximilien. Il est d’abord un personnage apparemment sûr de lui, qui veut mener le jeu et assène à son psy « Je décide des sujets, du début et de la fin des séances et je dois dire ce qui ne va pas, mais alors à quoi servez-vous ? » ou lui demande « Vous n’avez pas un questionnaire-type ? ». Il crie, vitupère, « oublie de venir ». On craint un peu la monotonie, en dépit de l’ironie mordante du texte, mais Nikola Parienty arrive habilement à glisser vers un autre Maximilien, qui avoue « L’homme de mots que je suis ne sait plus du tout ce qu’il raconte ». Le texte du Canadien, Richard Charest, par ailleurs parolier compositeur et chanteur, est percutant, drôle jusqu’à l’absurde parfois, et Nikola Parienty le sert avec une présence qui s’impose sur scène. Son regard et sa voix lui permettent de passer d’un Maximilien brutal et dominateur au point d’en être insupportable, au Maximilien plus lumineux et charmeur de la fin.
Micheline Rousselet

Les mardi à 20h.
Théâtre Montmartre Galabru
4 rue de l’Armée d’Orient (face au 53 rue Lepic). 75 018 Paris.
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) :
01 42 23 15 85

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